Prometheus et Alien : Covenant, faire survivre l’humanité

Dans les space operas des années 2010, Il faut sauver l’humanité. Comme dans la saga préquelle d’Alien. Mais pourquoi sont-ils tous si cons ?

Je déraisonne. Alien, une dystopie ? Pas du tout ! Et je suis bien d’accord avec vous, surtout sur la première saga. Et je vous l’annonce de suite : cet article ne parlera pas particulièrement d’extraterrestres car cette partie de cet univers ne m’intéresse pas du tout, rapport à mon blog. Mais en écrivant mon article sur Outsphere, ça raisonnait fort par rapport à Alien et je me suis dit que cet article me servirait de réceptacle pour noter quelques constatations sur la survie de l’humanité à tout prix. Surtout quand le prix, c’est de jeter des arches dans l’espace.

Le vaisseau de Prometheus

Il faut sauver l’Humanité !

La survie de l’humanité est un grand enjeu dans les dystopies catastrophistes. On est souvent à un cheveu du dernier cataclysme. Voire on se débat comme on peut dans un univers post-apocalyptique en tentant de recréer bon an mal an une société organisée. Cf Métro 2033, Silo, The walking dead pour les premiers qui me viennent en tête. Tant qu’il reste trois humains sur la surface de la planète, il y a de l’espoir. Seulement parfois, c’est la planète même qui est menacée. Alors on va activer la science pour tenter de préserver la vie. On va jeter des produits chimiques dans l’atmosphère en espérant que ça va canaliser le réchauffement. On drogue les Humains pour leur enlever toute passion et les encourager à se comporter enfin en respectant leur bonne vieille planète. Et ultime recours : on envoie des arches dans l’espace et hop, l’humanité est sauvée. Enfin, pas les gens déjà nés. Non, d’autres.

Les colons cryogénises d'Alien : Covenant

Envoyer des embryons congelés dans l’espace

La saga préquelle d’Alien nous raconte ça. Des hommes et des femmes sont envoyés dans l’espace pour trouver une planète habitable à l’autre bout de la galaxie. Allez hop, c’est parti. On leur donne également des colons endormis et des embryons gelés. Dans Interstellar, on se contentait d’envoyer des embryons pour lancer une ferme à bébés. Mais Prometheus et Alien : Covenant posent une question essentielle à mes yeux : peut-on confier la survie de l’Humanité à des êtres peu futés ?

Les personnages d'Alien préquelle sont complètement cons

Qui aura sa place dans l’Arche ?

Quand on parle de survie de l’espèce, il y a toujours la question de qui y a droit. Pas que dans les dystopies, d’ailleurs, on retrouve aussi ça dans les films catastrophes quand il est temps d’enfermer des gens dans des bunkers. Bon, le Président a sa place attitrée. Ensuite ? Il y a souvent une question de mérite, on récupère les “meilleurs scientifiques”. Il y avait tout un passage là-dessus dans Deep impact. Ou 2012. Qui aura sa place dans l’arche ? Dans un autre style, je vous renvoie au nanardesque Salvation où chaque prétendant à l’Arche doit prouver qu’il n’est pas atteint d’une maladie génétique quelconque. Idem dans Ascension, autre série totalement loupée alors qu’elle contenait un plot twist absolument génial. Ca me rend tellement triste les séries ratées alors qu’il y avait de bonnes idées. La survie de l’Humanité est un sacré deal et il ne faut pas se tromper dans le choix. Alors tant pis pour les dotés de mauvais chromosomes. La survie de l’humanité, c’est une question d’élite. Et d’humains car si on parle bien d’arches, les animaux n’ont qu’à crever sur la planète rendue inhospitalière par les Humains. Ils avaient qu’à avoir des pouces opposables et construire leur propre fusée. Sauf les dauphins dans H2G2.

Les Arches dans 2012

Le sort de l’humanité dans la main de parfaits idiots

C’est le principal souci de cette nouvelle saga Alien. Tout cela est surtout dû à des faiblesses d’écriture… ou des facilités scénaristiques, je ne suis pas certaine. Les humains qui doivent sauver l’humanité ne sont pas très malins et franchement imprudents. Ils arrivent sur une nouvelle planète dont ils ne savent rien, rentrent tous dans les mêmes constructions et n’hésitent pas à enlever leur masque dès qu’on leur indique qu’ils peuvent respirer. Ah bah oui, bonne idée… Ok, ces deux films ont été écrits bien avant le Covid donc on avait peut-être un peu moins la notion de virus dans les airs mais… mais non, déjà, puisqu’il y a des contaminations aéroportées dans le film. On balance un petit échantillon d’individus à base de “sauvez l’Humanité les gars” et à aucun moment ils n’ont le moindre réflexe de survie. Surtout qu’ils ont reçu un signal de ladite planète, il y a de la vie et vous le saviez. Comment peut-on… ? Vous allez me dire, dans Prometheus, deux femmes courent devant un immense vaisseau qui leur roulent dessus et n’ont à aucun moment l’idée de juste sortir de la trajectoire. Vraiment, je sais pas si l’Humanité mérite de survivre dans cette saga. 

Prometheus : l'humanité ne mérite pas de survivre

Des androïdes conscients

Mais il n’y a pas que la survie de l’Humanité à tout prix. Il y a un autre sujet que l’on retrouve aussi dans la plupart des dystopies : qu’est-ce qu’être humain ? Dans les deux sagas Aliens, on va retrouver des androïdes ultra réalistes et un peu flippants. Un subtil mélange entre Better than us et Al de 2001, Odyssée de l’espace. Toute cette nouvelle saga ne parle même que de ça, posant une hypothèse. La vie sur Terre n’est due qu’à la mort et l’extrême rapidité de la décomposition d’un extraterrestre de type ingénieur. On nous pose ça dès les premières images de Prometheus. En parallèle de la mission “sauvez l’humanité”, l’androïde David doit, lui, trouver l’origine de l’Humanité. C’est quand même un sacré coup de bol que l’équipage tombe direct sur la planète où traîne le cadavre d’un ingénieur, quand même ! Le personnage de David est toujours à la limite entre l’androïde programmé pour obéir et servir et l’émergence d’une conscience propre l’encourageant à prendre des décisions. Il nourrit même des sentiments et finira par se prendre pour Dieu en réalisant des hybridations de l’improbable. 

David dans la saga préquelle Alien

Une histoire à rebrousse-poil de son histoire d’origine

Bref, cette nouvelle saga Alien nous propose une nouvelle variation de la course contre l’extinction de l’Humanité. Quitte à piétiner le matériel de base car dans le premier Alien, l’androïde devait ramener l’extraterrestre sur Terre sans se préoccuper de l’éventuelle survie de l’équipage. Oui apparemment, l’Humanité a dû s’en sortir puisqu’il n’est plus du tout question de menace et Ripley et son équipage sont dans l’espace pour de simples raisons commerciales. Un air du temps, sans doute, une préoccupation écologiste qui n’existait pas en 1979 ou si peu. Cependant, une question demeure. Comment peut-on espérer sauver l’humanité si les bergers du troupeau font strictement n’importe quoi ? 

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