Moonhaven, la pseudo utopie lunaire

Youpi, une série qui me parle d’une utopie sur la Lune, ça doit être bien. C’est Moonhaven et c’est… assez bof.

Lunaire, oui, c’est le mot. Pour Noël, j’ai eu un petit cadeau surprise : une nouvelle série dystopique sur Netflix. Yeah. Enfin, “yeah”, on se comprend. Netflix n’est pas forcément le meilleur dealer de dystopies, je me suis régulièrement énervée contre eux. Bref. Je découvre donc Moonhaven avec, notamment, Dominic Monaghan. Qui a joué dans Lost et Le Seigneur des Anneaux mais avais-je besoin de le préciser ? Bref, j’étais un peu motivée, lançons donc cette série.

Moonhaven série disponible sur Netlflix

L’histoire. Dans un futur un peu lointain, une communauté humaine s’est établie sur la Lune. On apprend qu’on en est à la troisième génération de Luniens. La mission de ces Luniens n’est pas de préparer l’arrivée des Humains sur la Lune mais de réfléchir à comment sauver la Terre. Au début de la série, un contingent de jeunes Luniens doit s’envoler vers la Terre pour partager leur savoir en terme de sauvetage de la planète.

Un enfant de la Lune

Sauf que y a des troubles sur la Lune. Un meurtre a été commis. Une jeune femme qui se trouve être la soeur d’une pilote terrienne qui vient de débarquer sur la Lune pour y déposer une diplomate. Hasard de dingue. Et c’est ainsi que Bella, la pilote, va se retrouver embarquée dans une enquête policière pas si anodine. 

Bella pilote un vaisseau du futur

Bien, commençons par le commencement. Moonhaven nous propose un archétype assez classique d’une société qui s’est développée en dehors de notre monde et a développé ses propres us et coutumes. Ici, le concept repose sur l’idée d’une humanité rendue plus sage grâce à une IA. On va avoir plusieurs scènes de “confrontations” de vues entre les Terriens, notamment Bella et les Luniens, notamment Paul, qui enquête sur le meurtre. Paul qui vit dans une sorte de couple polyamoureux mais où il serait un peu le vieux doudou relégué au placard. En gros, il a fondé une famille avec une femme qui a désormais un nouveau compagnon qui a l’air de prendre totalement la place. Nouveau compagnon particulièrement infect mais passons.

La communauté hippie de Moonhaven

Les premiers épisodes jouent sur la douceur de vivre des Luniens, des gens sages, donc. Et pourtant, le meurtre va révéler le côté sale de la pièce. Certains Luniens, très sûrs de leur supériorité, préfèreraient vivre loin de la Terre qui ne les intéresse plus. Une menace pèse sur le contingent de Luniens qui doivent retourner sur Terre. Tiens, la sagesse dissimule une forme de nationalisme. Bref, c’est le classico de la fausse Utopie : tout n’est pas rose au Paradis.

Une communauté dans la douleur

On a aussi tout un délire sur une IA qui gère la société et que les terroristes Luniens veulent contrôler pour qu’elle se concentre sur le développement de la vie sur la Lune plutôt que d’essayer de sauver les Terriens qui n’en méritent pas tant. Une IA qui organise une société, ça devient un plot de plus en plus récurrent et c’est quelque chose que je trouve très intéressant en soi. Sauf que… vers le milieu de la série, celle-ci prend un virage un peu mystérieux, genre “on ne serait pas tout à fait tous seuls par ici” qui m’a dépitée. Tout ça pour ça ?

parler avec une IA

Parce que la série ne m’a pas laissée une forte impression. A dire vrai, j’ai pris soin de la noter dans ma liste d’articles parce que je sais que je l’aurai oubliée dans quelques semaines. Pourtant, ça sonnait plutôt bien. Certes, la colonie sur la Lune, ce n’est pas hyper original. On a croisé ça dans Artemis, Silent Sea, For all mankind et même dans Le reich sur la Lune. Même si c’est moyen une utopie… Mais pourquoi pas. Il y a mille façon d’aborder le sujet et cette communauté sage, pourquoi pas…

Moonhaven

Après, quand je dis sage, c’est surtout une vision un peu surannée des communautés hippies. Oh, regardez-les, ils sont tout peace and love et amour libre. Même si clairement, ça les rend moyen heureux. Surtout que la série a décidé que l’autre mec de la femme de Paul était un sacré con. Genre le mec qui a un avis sur tout, basé sur quelques analyses de comptoir, et n’imagine pas qu’on puisse ne pas être ne pas être d’accord avec lui. Ce personnage me permet d’introduire le pire travers de cette série : c’est mal écrit. A part Paul qui trouve grâce à mes yeux, tous les autres personnages sont écrits avec les pieds.

Les personnages de Moonhaven

Le pire étant Bella. Ce qui est un peu dommage vu que c’est elle qui nous guide à travers la communauté Lunaire. On la découvre au travers d’un premier échange avec Tomm, interprété par Jo Manganiello. Elle se montre très fermée et agressive avec lui. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Mais on est sur ce travers d’écriture typique où on essaie d’illustrer le côté badass d’un personnage en en faisant quelqu’un de franchement désagréable. Et je ne vais pas m’attarder sur le côté Mary-Sue de l’héroïne qui gère la bagarre ou l’enquête policière comme personne.

Bella et Tomm se bagarrent

 La série était prévue de se poursuivre sur plusieurs saisons donc la saison 01 ressemble avant tout à une mise en place, ce qui rend le tout creux et mou. Il y a bien quelques plot twists histoire de faire avancer un peu l’intrigue mais en vrai… On s’en fout un peu. L’héroïne est antipathique et on s’en fiche de ce qui peut lui arriver. Les autres personnages manquent de profondeur voire même de crédibilité. Je n’ai pas toujours compris leurs motivations, leur revirement de situation. Sans doute parce que je ne me suis pas accrochée. 

Indira et Bella font la bagarre

Mais j’ai bien aimé cette espèce de communauté un peu apaisée, qui a évolué hors des dramas terriens. Bon, y aurait beaucoup à revoir. Notamment la question du polyamour. Le parti pris est super intéressant mais le manque de nuance à base de “l’autre mec est un gros con qui prend toute la place face à un mec effacé et sans doute un peu soumis”, bof. Tout le monde mérite mieux que ça. Bref, une série en six épisodes qui n’aura jamais de suite. A regarder si vous n’avez vraiment rien d’autres à mater ou sur un week-end de total ennui.

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