8th Wonderland, la dystopie activiste

Attention ovni ! Sorti en 2008, 8th Wonderland est une dystopie française qui se questionne sur l’activisme. Super sujet maiiiis…

Voyons, une petite liste de films dystopiques, qu’est-ce que je n’ai pas vu ? Ah tiens, 8th Wonderland, un film français ! J’aime quand le cinéma français s’aventure en dystopie même si je ne suis pas toujours fan du résultat. En plus, ça parle d’activisme et c’est un sujet que j’adore ! C’est même un de mes angles d’attaques dans la plupart de mes dystopies. Essentiellement parce que c’est une ficelle assez simple pour expliquer ce qui ne va pas dans le monde que j’ai créé. Bon, c’est parti pour 8th Wonderland.

8th Wonderland, une dystopie française

Une agora activiste

Sur la toile existe un site étrange, 8th Wonderland, qui regroupe des citoyens du monde entier. Sorte de forum new generation où les gens se regroupent pour discuter via webcams. Leur sujet de conversation ? Les derniers coups d’éclats d’activistes du monde entier. Comme la pose de distributeurs de capotes au Vatican après que le Pape ait condamné leur utilisation ou le kidnapping de trois Footballeurs enfermés avec des enfants travailleurs en Chine, se retrouvant à coudre des ballons de foot. Toutes ces actions et bien d’autres ont été formentées sur 8th Wonderland. Le concept est simple : quelqu’un propose une action, les membres du site votent pour valider ou non. Car 8th Wonderland se veut un nouveau pays en démocratie directe.

L'activisme dans une dystopie française

Un activisme de plus en plus violent

Evidemment, les actions vont aller crescendo. Attaque contre une grosse entreprise polluante, flingage de relations diplomatiques et même assassinat politique. 8th Wonderland commence à faire jaser dans les médias et tout à coup, un homme se présente dans les journaux comme le fondateur de 8th Wonderland. Les activistes s’agitent : est-il vraiment le fondateur, que personne ne connaît, ou un simple imposteur ? Les actions se multiplient, glissant de plus en plus dans la violence en ébranlant la confiance de certains citoyens du 8th Wonderland.

Quelles limites à l'activisme dans The 8th wonderland

Des actions, des débats et la question des limites de la lutte

Vous l’aurez compris, le film tourne autour de la question de l’activisme et des limites que chacun met dans son action. Le film nous propose d’ailleurs tout un catalogue d’action, de la plus symbolique (les capotes) à la plus violente (l’assassinat politique), posant des jalons pour permettre au spectateur de comprendre l’escalade de la violence. Evidemment, le film ne raconte pas que ça. On a droit à de nombreuses scènes de journaux télévisés partout dans le monde, quelques débats sur des émissions de télévision mais aussi des échanges parfois tendus entre citoyens du Wonderland. Par exemple, sur l’action sur les joueurs de foot, pas mal de médias s’indignent que Wonderland ait envoyé des footballeurs dans un atelier clandestin… plutôt que de dénoncer le dit atelier clandestin. 

Les politiques malmenés par les activistes du 8th Wonderland

Faire tâche d’huile

Le principe du 8th Wonderland, c’est de faire tâche d’huile. Comme nous l’explique une étrange métaphore avec des cafards. Y en a un qui prend le lead pour montrer le chemin aux autres et une fois que le chemin est fait, chaque cafard l’a appris et est capable de le montrer à son tour. Ici, ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas de leader identifié. C’est d’ailleurs un sujet de conversation à part entière sur le forum “qui est le fondateur” et personne ne semble savoir qui c’est. Est-il même encore là ? L’absence de leader clairement identifié permet à chaque citoyen de se sentir légitime de proposer une action, en parfaite égalité avec les autres.

Une activiste prête à agir dans 8th Wonderland

Des actions récupérées un peu n’importe comment

Le film interroge justement sur la médiatisation des activismes. En l’absence de porte-parole connu et reconnu du 8th Wonderland, ça devient vite la foire à la saucisse des explications foireuses. Jusqu’à ce qu’un homme se déclare fondateur du 8th Wonderland. Les citoyens du site vont élire leur propre ambassadeur pour permettre de porter leur voix auprès des médias et expliquer leur geste mais celui-ci, moins charismatique, sera moins pris au sérieux. Cependant, je trouve que l’activisme de 8th Wonderland bénéficie d’une relative bienveillance dans ces médias-là. Jusqu’à la scène surréaliste où l’auto-proclamé fondateur de 8th Wonderland vient dans un show télé en forme de tribunal pour justifier l’assassinat politique. Alors pardon mais dans la vraie vie, si tu es soupçonné d’avoir participé à un meurtre, surtout à ce niveau-là, tu vas pas te pavaner à la télé. Mais que fait la police ? 

L'ambassadeur du 8th Wonderland

Un univers branlant

Et on va rapidement en arriver à ce qui ne va pas dans 8th Wonderland : ce n’est pas très bien écrit. Un exemple. Pour nous montrer que c’est un peu dans le futur, le film nous montre que l’on surfe sur Internet à la voix. Il suffit donc d’annoncer le nom du site sur lequel on veut aller pour y aller. Ce que fait un agent du renseignement. Genre son patron vient le voir “toi, enquête sur 8th Wonderland, ça suffit les conneries”. Et le mec, au milieu de son open space du renseignement, va sur 8th Wonderland en annonçant le nom du site puis se fait un petit chat vidéo tranquille avec d’autres citoyens pour leur expliquer que les renseignements enquêtent sur eux. Je… tu as tes collègues à deux mètres de toi, comment ils t’entendent pas ? De la même façon, il ne semble pas exister de règle pour intégrer le 8th Wonderland, ils sont tous en facecam, tranquille. Vous commettez des actes illégaux et vous vous montrez à n’importe qui ? Quelle détente ! Bon, ok, deux sont envoyés dans un chalet en Suisse après avoir commis quelques impairs dont l’assassinat politique mais quand même…

John McClane, président autoproclamé du 8th wonderland

Et pas mal d’incohérences

8th Wonderland en demande pas mal aux spectateurs. De par sa légère incohérence mais aussi par son esthétique et sa mise en scène. Les scènes dans 8th Wonderland sont plutôt moches, même pour 2008, année de sortie du film. Et les acteurs ne jouent pas très bien. Ca sonne faux, les acteurs déclament un texte sans avoir l’air de vraiment y croire. Et j’ai du mal à comprendre pourquoi tout le monde parle français sur le site, y compris des Italiens. Alors qu’on nous montre des tas de scènes de journaux télé en langue originale. Et je vais même pas rentrer dans la question du décalage horaire. Certes, sur 8th Wonderland, les gens ont l’air de se parler par petits groupes, ce qui rendrait logique qu’ils soient tous sur le même fuseau horaire ou à peu près mais quand même…

8th wonderland, un film assez moche

Un fond intéressant néanmoins

Du coup, est-ce que je recommande ce film ? Je ne sais pas trop. Les idées sont bonnes, y a du très bon terreau. Le film a reçu pas mal de récompenses d’ailleurs. Mais on sent aussi le côté très fauché malgré quelques guest stars étranges comme Amanda Lear ou Julien Lepers. Ca aurait été une websérie, je vous aurais dit de foncer car on accepte beaucoup plus le côté bout de ficelle et l’acting parfois un peu à côté de la plaque. Même s’il y a de très bonnes webséries, certaines finissent même au cinéma. Bref, si le fond vous intéresse et que la forme vous laissent un peu indifférent, foncez. Sinon… je vous aurai prévenu. 

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