Optima 2121, histoire d’une quasi utopie

Comment écrire une utopie ? Thierry Shwab a tenté l’exercice dans Optima 2121 et… ça marche . Projection dans le XXIIe siècle !

Une utopie sur un blog qui parle de Dystopie ? Ou alors c’est une fausse utopie comme Un bonheur insoutenable ou Le passeur ? Non, non, on va parler de vrai utopie, à quelques nuances près. Et de voyage dans le temps aussi. Bref, Thierry Shwab, l’auteur d’Optima 2121, avait envie d’écrire une fiction sur le futur qu’il imagine et pour y parvenir, il a propulsé un de nos concitoyens dans le futur. Comment un Homme d’aujourd’hui peut appréhender le monde de demain ? 

Optima 2121

Un journaliste balancé dans le futur

L’histoire en bref : Damien, jeune journaliste scientifique, rencontre un scientifique fort brillant qui parvient à mettre au point un protocole pour propulser notre ami journaliste dans le futur. Damien va donc réaliser un bond de 100 ans en avant dans le Paris du XXIIe siècle. Et, surprise, la société a connu une sacrée révolution ! Damien va donc vivre six mois dans le futur mais la règle est claire : à son retour, on effacera sa mémoire pour qu’il puisse reprendre sa vie là où il l’a quittée, qu’il ait les enfants qu’il est censé avoir…

Utopie, vue d'artiste

Un univers juste

Alors à quoi ressemble cette société du XXIIe siècle ? Au Paradis ou à peu près vu qu’on est dans une utopie. Au XXIIe siècle, il n’existe plus qu’un pays, Optima donc plus de guerre. Mais surtout, le travail n’existe plus… tout comme la mort. Car la médecine a fait de grand progrès et les humains peuvent choisir l’immortalité… à condition de renoncer à leur fertilité. Soit tu choisis de mourir et tu peux faire des enfants, soit l’inverse. Cette immortalité couplée à la disparition du travail offre à l’humanité un rapport totalement différent au temps. 

Paris dans un futur utopique

Un soupçon de rébellion

Mais il y a une petite nuance. D’abord, sur le travail, les gens peuvent travailler s’ils le veulent. Ils doivent juste payer pour ça. Pour le reste, tout est accompli par des robots humanoïdes plus vrais que nature. Mais tous ne goûtent pas à la joie éternelle qu’est Optima. Une résistance comme dans toutes les dystopies ? Pas réellement. On croise bien un ancien résistant mais les velléités sont vite calmées avec le Conservatoire des malheurs. Une sorte de musée des maux d’antan qui n’existent plus comme les rages de dents ou les coliques, la dépression… Un endroit horrible où les délinquants et criminels sont enfermés dans des vitrines pour subir un mal disparu et les visiteurs peuvent leur déclencher des tourments à l’envi grâce à une manette. 

Musée de la Torture à Amsterdam

Et l’amour en élément modificateur

Et c’est là qu’on va avoir l’ingrédient phare de notre roman, le fameux élément modificateur en la personne de Sofia. Condamnée à passer trois ans dans la cellule des calculs rénaux, Damien va s’enticher d’elle et essayer de comprendre comment elle a pu se retrouver là, elle qui clame son innocence. On découvrira donc à travers l’histoire de Sofia quelques aspérités dans Optima. Et Damien, tombant fou amoureux, va mettre en péril son avenir et l’existence de ses enfants et petits-enfants, croisés dans le futur.

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Roman ou documenteur ?

Optima 2121 est très particulier puisqu’on est quelque part entre roman et documenteur du futur, en quelque sorte. Damien s’étonne de beaucoup de choses, pose des questions et explique au lecteur comment on est passé de “le taf, c’est la vie, tu bosseras jusqu’à ta mort” à “travailler ? Ok mais tu vas payer pour ça”. L’univers construit est tout à fait cohérent, à une voiture volante près. Je ne crois plus aux voitures volantes, désolée.  La lecture est fluide et très agréable. Le seul point négatif, s’il en faut un, c’est la fin extrêmement ouverte. Moi, j’aime ça mais je peux comprendre que ça ne plaise pas à tout le monde. Mais je reviendrai en détail sur l’écriture de ce roman sur mon blog dédié parce que Thierry Schwab a réussi là où je ne trouvais pas de clé : il a écrit une utopie avec un peu d’action dedans.

Mégalopole du futur

La brique entre notre réalité et les sociétés aseptisées des fausses utopies

Bref, Optima 2121 pourrait être la brique manquante entre notre XXIe siècle et une société telle que celle du Bonheur insoutenable. On n’est pas encore dans la fausse utopie mais quelques ingrédients nous interpellent, nous font nous demander si Optima, c’est tant le bonheur que ça. Et Thierry Schwab ne donne littéralement aucune réponse. A vous de voir. Et laisser une telle liberté à son lecteur, c’est quand même courageux pour un auteur.                    

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