Fantaisie de mondes virtuels

Je suis fascinée par la réalité virtuelle. Quand nous sommes allés au Japon et que mon mec m’a proposé de visiter une salle d’arcade VR, j’ai dit oui. Et j’ai adoré. Plus jeune, je rêvais de ce jour où on regarderait la télé avec un casque de réalité virtuelle sur le nez. Que les jeux vidéos m’embarqueraient littéralement dans des univers fantasmagoriques incroyables. Force est de constater qu’on en est loin. Ma télé n’est même pas en 3D. Pour jouer à un jeu en réalité virtuelle, je dois aller dans des salles d’arcade. Ce qui évite de tout casser chez moi en faisant des gestes désordonnés, certes. Mais dans les dystopies, par contre, les mondes virtuels connaissent un succès fulgurant.

Kiss me first et les mondes virtuels

La conscience d’un autre monde

Alors évidemment, si je vous parle de monde virtuel en tant que jeu vidéo ou MMORPG, vous allez me dire “ouais comme Ready player One !”. Effectivement. J’ai aussi découvert la série Kiss me first récemment qui navigue également entre entre réalité et monde virtuel. Entre WoW et Second life de ce qu’il m’a semblé. Dès qu’il s’agit d’univers virtuels, on va naviguer entre deux types de mise en scène. Celle où l’on va mêler des images de synthèse, plus ou moins réussies, à celles où il n’existe pas de différence entre l’univers réel et l’univers fictif. Comme dans Altered Carbon ou Matrix… Certes dans ce dernier, il n’est pas du tout question d’un jeu, nous sommes dans l’illusion… sans en avoir conscience. Contrairement à eXistenz où, toute réaliste que soit l’expérience, Allegra Geller nous explique bien que le joueur n’oublie jamais tout à fait où il est. 

Ready player one

Un monde où l’on s’envole !

Mais que le joueur soit conscient ou non de l’irréalité du monde virtuel, on retrouve rapidement les mêmes codes et les personnages se retrouvent à évoluer dans des univers où les lois physiques ont changé. Et que fait-on dans un univers où les lois de la physique ne sont plus les mêmes ? On vole ! C’est d’ailleurs cette capacité qui permet de souligner que Neo a parfaitement conscience de l’univers dans lequel il évolue et qu’il peut en briser les perspectives. Un peu comme dans les rêves où, soudain, on sait que l’on rêve. C’est mon test de rêve, personnellement “mmm, ne suis-je pas en train de rêver”, une fois sur deux, je vais me mettre à faire la brasse dans les airs et si je m’envole, c’est bien que je rêve. L’autre, c’est de hurler “tout ceci n’est qu’un rêve” et je me réveille dans ma vraie vie. 

Neo vole dans Matrix

Laisser libre cours à la violence

Le monde virtuel brise toutes les règles et offre ainsi un terrain de jeu incroyable pour les auteurs, autrices, scénaristes… qui voudraient s’y aventurer. On s’affranchit même des règles de bienséance comme dans Ultimate Games où l’espèce d’univers virtuel permet aux gens de faire se battre des individus à mort ou les torturer… Même si, pour le coup, la règle du “le joueur sait qu’il joue” semble un peu annihilé ici. A moins que le jeu vidéo fasse ressortir le pire de chaque humain. Et oui, dans un univers où rien n’est réel ou à peu près, la mort n’est pas définitive, les joueurs peuvent donc laisser cours à toute la violence intégrée en eux.

Ultimate game

Un monde sans foi ni loi

C’est toujours compliqué de traiter du jeu vidéo, medium assez récent qui suscite toujours la suspicion. Ca rend violent et coupe l’empathie, paraît-il. C’est le propos d’Ultimate Game, eXistenZ est sur le fil. Ted n’hésite pas à tirer sur un PNJ sans raison, à un moment. Mais surtout, le jeu vidéo est envisagé comme un no man’s land sans foi ni loi. Tout comme WestWorld qui, s’il n’est pas un univers virtuel qui s’affranchit des règles physiques, reste une simulation. Outre la liberté de tuer, violenter ou pire, ces univers sans règles peuvent vite être détournés par des individus peu scrupuleux qui vont imposer leurs règles. De là, on récupère un terrain fertile à la résistance et la rébellion. Y a-t-il vraiment une différence entre Leila de Kiss me first et Katniss, Triss et compagnie ? La seule différence, c’est qu’il est à priori possible de s’évader de cet univers cauchemardesque en un seul clic. Sauf que, bien sûr, ses implications dans la vie réelle sont bien plus importants que ce que pensaient les personnages au départ.

Kiss me first

Un sujet à affiner

Bref, je trouve que la réalité virtuelle dans une dystopie offre un terrain de jeu incroyable. Qu’il s’agisse d’un jeu vidéo ou d’une simulation quelconque Je regrette juste qu’on ait du mal à le traiter sans se débarrasser des clichés liés au jeu vidéo, entre addiction et comportements violents. Alors que moi, mes meilleurs souvenirs de réalité virtuelle, ça reste Mario Kart et l’incroyable vélo volant. Pas très violent, quoi…

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