Parfois, je me perds un peu dans divers catalogues de films ou séries et c’est ainsi que je suis tombée sur Daryl, enfin, D.A.R.Y.L, un de ces films des années 80 avec un enfant malicieux genre ET, Vidéo Kid, l’enfant génial… Même les goonies avec le personnage de Mickey. Parmi tous ces films tournant autour d’un enfant, il y a Daryl. Un enfant incroyablement intelligent car, plot twist, c’est un androïde.

Un enfant perdu en forêt
L’histoire. Une voiture est poursuivie par un hélicoptère. Le chauffeur de la voiture se gare pour abandonner un enfant en forêt et redémarre pour se précipiter dans une falaise. Ok. L’enfant, un garçon d’environ 8 ans, est retrouvé par un couple de fermiers qui… non, ne l’adoptent pas et ne s’appellent pas Jonathan et Martha. Ils l’amènent à l’hôpital et l’enfant qui ne se souvient de rien est confié à Joyce et Andy, un couple qui attend un agrément pour adopter. Très vite, ils découvrent que Daryl est doué en tout. Et ils s’attachent fortement à lui. Mais un jour, les parents du garçonnet réapparaissent.

Un enfant trop parfait
Alors la première partie du film ménage un peu le suspense sur la nature de Daryl. Dommage que le synopsis spoile totalement que Daryl est un robot mais passons. Il n’a aucun souvenir d’où il vient mais il se révèle très intelligent, doué au baseball ou aux jeux vidéos. Il est tellement parfait qu’il fait un peu flipper Joyce qui le trouve trop mature. Heureusement, cette déclaration est entendue par Turtle, le meilleur ami farfelu de Daryl qui conseille à ce dernier de “déconner un peu”. Du coup, Daryl fait exprès de perdre un match de baseball et explique à Andy que la compétition de base ball n’est qu’un délire pour savoir “qui aura la plus grosse” entre Andy et un autre mec. Je ? En tout cas, ça amuse beaucoup Joyce. Mais ? J’ai pas d’enfants mais je pense qu’un enfant de 8 ans balancerait ça à une figure d’autorité de son entourage, je rirais moyen.

Un robot qui crée une empathie pour lui
Vers le milieu du film, les parents de Daryl vient le récupérer et là, tout s’explique. Daryl n’est pas un enfant mais un robot. Daryl, c’est D.A.R.Y.L pour Data Analyzing Robot Youth Lifeform, un enfant robot commandé par l’armée. Sauf que l’un des scientifiques qui travaillait sur le projet considérait Daryl comme un vrai enfant et a décidé de le libérer. C’est le personnage qui se suicide dans la première scène. A peine Daryl récupéré, l’armée annonce que, finalement, le robot ne les intéresse plus et il faut le détruire.

Il faut détruire le robot enfant
C’est là qu’on entre dans la dimension “Daryl n’est-il donc qu’un robot ?” ou la question des sentiments des androïdes. Daryl affirme avoir des sentiments. Il parle notamment du fait que Joyce, Andy et Turtle lui manquent et qu’il aimerait les revoir. Ses deux “parents” étaient deux scientifiques : le Dr Stewart, responsable du projet, et la Dre Lamb, une femme froide qui considère Daryl comme une machine. La destruction de Daryl approche et le Dr Stewart doute. Cet enfant est plus qu’une machine et il a le droit de vivre sa vie. Il appelle donc Joyce, Andy et Turtle pour préparer un plan d’évasion. Malheureusement, il est trahi par la Dre Lamb qui se charge de l’opération pour détruire Daryl.

Une course poursuite à bord d’un avion à réaction
Sauf que, plot twist, elle aussi est convaincue que Daryl est désormais plus qu’un simple robot et aide à le faire fuir. Je vous épargne toute la partie fuite puisque ça n’a pas grand chose de dystopique. Sachez juste qu’il y a une course-poursuite sur l’autoroute avec Daryl qui roule sur deux roues puis il vole un chasseur militaire car, ahah, il avait retenu les coordonnées géographique de la ville de Joyce et Andy. A noter qu’en 85, on ne rigole pas avec un avion de chasse qui vit sa vie donc les militaires partent abattre le dit avion. Tant pis s’il est piloté par un enfant. Ou un robot.

Un enfant des années 80 assez cru
Ici, on est donc dans la fiction d’androïde classique. Qu’est-ce qui sépare la machine de l’Humain ? Tout le film est finalement basé sur ça. D’abord, Daryl manque de compétences sociales. N’ayant jamais vécu hors de son orphelinat, il n’a pas les codes. Il les apprendra avec Turtle mais aussi Sheri Lee, la soeur de Turtle. Il apprend vite, répétant parfois avec candeur ce qu’il a entendu. Comme quand il explique à la mère de Sheri Lee que celle-ci a choisi de sortir avec un garçon car “c’est lui qui a la plus grosse”. Je ? La scène où Daryl fait exprès de “déconner” est assez drôle. Daryl réalise rapidement qu’il a mal dosé son effet mais Joyce est tout sourire. Ah, les années 80.

Des militaires sans coeur
Les années 80 où les militaires sont globalement de gros cons sans coeur versus le reste du monde. Pour le coup, Daryl y va franchement là-dessus. Alors que l’androïde démontre ses qualités humaines et convainc chaque personne qu’il côtoie qu’il ne peut pas être juste détruit, les militaires s’acharnent. Après avoir découvert que Daryl s’est enfui, c’est parti pour une course-poursuite où un militaire vocifère “il va voir ce petit salopard” et finissent par descendre l’avion de l’enfant sans trop d’hésitation.

Un androïde sans arrière-pensées
Si je dis que Daryl convainc de sa nature humaine, comprenez qu’il ne s’agit pas de quelque chose de volontaire. Il n’est pas dans une manipulation comme dans Ex Machina, par exemple. Il a conscience de sa nature, il se montre juste honnête sur ses sentiments. Daryl perd peu à peu sa dimension d’expérience scientifique, même si son excursion dans la “vraie vie” est vue comme un heureux hasard par le Dr Stewart qui remarque que l’androïde a plus appris au contact des autres qu’en laboratoire. Ah oui, un enfant qui apprend par ses expériences et ses interactions, c’est un peu fou.

Un petit film bien sympathique
Bref, Daryl est une autre fiction qui questionne sur la nature de l’âme humaine et si les androïdes ne sont que des machines. Un questionnement vu des centaines de fois mais là, on parle d’un film de 1985. Un film qui a un goût particulier aujourd’hui. Quand on le découvre après avoir avalé des kilotonnes de fictions sur les androïdes (mon cas), il offre certaines dimensions plutôt sympa. Après, ce n’est pas un grand film. La réalisation est aussi plate qu’un téléfilm, les acteurices ne sont pas toujours justes, notamment Joyce que je trouve un peu décalée. Mais le doublage français est en roue libre comme à l’époque. J’ai vraiment rigolé sur le “petit salopard” du militaire. Mais calme-toi ? On est très loin d’un ET mais si vous aimez cette période particulière de notre culture et l’ambiance “sitcom familiale dans des couleurs désaturées”, ma foi… Go.


