Outsphere, la dystopie sur une planète lointaine

Dans le futur, l’humanité est foutue et un vaisseau spatial envoie des humains trouver une terre hospitalière. Le début de la saga Outsphere

Quoi ? Encore un space opera sur ce blog. Oui ! C’est mon péché mignon, vous le savez. Et en plus, dans Outsphere, ya une cité sous dôme, mon deuxième péché mignon. Car oui, quand j’ai parcouru les ouvrages disponibles sur Audible pour trouver un roman, je n’ai pas pu résister. Et j’ai bien fait car Outsphere de Guy-Robert Duvert est le début d’une saga pleine d’ingrédients dystopiques que l’on aime tant ! 

Outsphere de Guy-Roger Duvert

Dans l’espace pour sauver l’humanité

L’histoire : la planète Terre étant condamnée, une poignée d’humains sont envoyés dans l’espace pour essayer de trouver une planète viable ailleurs. Et justement après près d’un siècle de voyage, ils découvrent Eden, une planète qui semble présenter toutes les caractéristiques nécessaires pour implanter une colonie. Après quelques semaines d’observation, des premiers colons partent en exploration et se frottent à deux menaces majeures : des orages électromagnétiques perturbant les communication mais surtout une population autochtone agressive.

Avatar et la nature luxuriante de Pandora

Une colonisation plus difficile que prévu

Choisissant une zone loin des autochtones, les Humains créent donc une nouvelle cité, Outsphere, une cité sous cloche le temps de s’assurer que l’air n’est pas pollué. Mais si les autochtones ne présentent plus de menaces, la situation se complexifie. D’abord avec l’arrivée des Atlantes, des Humains à la technologie hautement avancés étant partis quelques décennies après le vaisseau mais ayant pu rattraper leur retard grâce à leur technologie. La colère est aussi importante parmi les civils qui, lassés par la violence des militaires faisant régner l’ordre dans la colonie, décident d’aller vivre en dehors de la sphère. Alors que la situation est déjà bien tendue, une nouvelle menace apparaît : plusieurs colons sont victimes de combustion spontanée.

Combustion spontanée

Un roman généreux en thématiques

Ceci est un résumé qui omet pas mal de sujets. Donc on ne va pas se mentir : Outsphere, c’est dense. On peut retrouver pas mal d’ingrédients vus dans d’autres œuvres. Une nature et des autochtones hostiles comme dans Avatar. Une volonté de sauver l’humanité en envoyant des gens dans l’espace comme dans Interstellar ou Prometheus. Des humains privés de fortes émotions comme dans Un bonheur insoutenable ou Le passeur… On retrouve pêle-mêle une réflexion sur l’évolution de l’humanité avec les Atlantes, des questions biologiques avec l’adaptation dans un nouvel environnement, des question d’autorité et de pouvoir. Il y a aussi du terrorisme “xénophobe”, des autochtones, on va aussi découvrir d’autres civilisations extraterrestres, une maladie mystérieuse et mortelle. Franchement, Guy-Roger Duvert nous offre un vrai parc d’attraction de l’anticipation mais il le fait avec brio. Si vous n’avez pas lu le roman, mon article peut donner l’impression d’un roman extrêmement fouillis mais non : chaque élément s’imbrique parfaitement avec le reste du récit. Ce n’est pas une sorte de checklist du space opera où on nous jette des éléments à la figure pour cocher la case. C’est pensé.

Space Opera

C’est quoi, être humain ?

Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est toujours cette question d’humanité que l’on retrouve. Ici, on retrouve deux humanités différentes : les humains partis en premier qui sont à peu près nos contemporains et les Atlantes, partis 60 ans plus tard et qui ont été modifiés. A travers cette histoire, Duvert nous propose une dose de transhumanisme et une interrogation frontale de qui est le plus humain des deux clans. Avec une collaboration difficile entre ces deux humanités qui collaborent dans une sorte de méfiance. Avec une “contamination” de pensée entre ces deux groupes qui commencent à se mêler et s’apprivoiser. Il n’y d’ailleurs pas de jugement de valeurs sur quelle humanité est la meilleure dans le roman.

L'humanité dans 100 ans ?

De la justesse du pouvoir

Autre sujet récurrent dans les dystopies et que l’on retrouve ici : la nature du pouvoir. Dans l’humanité d’origine, on a, en très gros, trois groupes d’individus : les militaires, les scientifiques et les citoyens. La question de la gouvernance ne semble pas avoir été établie avant le départ et les frictions sont nombreuses entre les militaires bien bourrins, les scientifiques qui veulent plus étudier la Lune d’Eden qu’Eden elle-même et qui n’agissent que pour assouvir leur curiosité scientifique et les citoyens qui veulent juste vivre en paix. A travers ces antagonismes, Outsphere pose la question : c’est quoi, une civilisation équilibrée, sans tensions ? Rassurez-vous, le roman ne donnera pas de réponses.

Mass effect

Une juste neutralité

Bref, malgré la densité du roman, il se dévore. Il propose de nombreux thèmes récurrents dans les dystopies en proposant une certaine vision. Sans imposer un point de vue, cependant, l’écriture est globalement neutre. Oui, les militaires sont de gros bourrins mais l’action se suit également à travers leur regard. C’est peut-être ma sensibilité qui m’a fait percevoir les militaires trop autoritaires alors que certains trouveront les citoyens ingérables et capricieux. Il n’y a pas de gentils et de méchants. Le “méchant” de l’histoire, c’est finalement plus cet étrange environnement qui fait flamber les gens. Bref, j’ai vraiment aimé Outsphere et… bonne nouvelle, deux autres tomes sont sortis ! Encore deux livres dans mon infinie PAL.

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