Quand la planète se meurt, que faire ? Construire une fusée et aller voir ailleurs si on y est, bien sûr ! Aujourd’hui, nous allons causer d’une dystopie qui a pour théâtre un reste d’Humanité qui va tenter d’aller survivre à l’autre bout de l’espace. Rien de nouveau sous le soleil ? C’est vrai mais revoir ses classiques à travers une nouvelle oeuvre, c’est toujours intéressant. Donc parlons d’Arca, la BD de Van Jensen et Jesse Lonergan. A ne pas confondre avec Arca de Romain Benassaya et Joan Urgell que je n’ai pas (encore) lu.

Fuir une Terre devenue invivable
L’histoire. La Terre étant devenue invivable, quelques philanthropes se réunissent pour construire une capsule spatiale qui va voyager pendant des siècles pour atteindre une terre habitable. Ce vaisseau, Arca, obéit à sa propre hiérarchie sociale avec les Riches au sommet de la pyramide, appelés modestement les citoyens. A leur service, les assistants et les pionniers. La caste des pionniers regroupent de jeunes gens, des adolescents qui accomplissent diverses tâches assez simples dans le vaisseau, les tâches les plus complexes étant réalisées par les assistants. Parmi ces pionniers, on retrouve Effie, une jeune fille particulièrement futée puisqu’elle a réussi à apprendre à lire toute seule. Et plus ça va, plus elle se pose quelques questions à propos du vaisseau. Des questions qui vont peu à peu se transformer en mouvement de résistance, Effie entraînant quelques uns de ses amis dans sa révolte.

Des idées déjà vues mais…
Arca nous propose plusieurs ingrédients déjà évoqués à droite, à gauche, et c’est précisément ce qui m’a plu dans cette BD. On ne tombera pas forcément de sa chaise devant une histoire aux rebondissements relativement prévisibles. Prévisibles à partir du moment où on connaît quelques oeuvres dystopiques. D’abord, la forte hiérarchie dans une société en huis-clos. Le huis-clos, on connaît. Que ce soit dans un Silo, dans les couloirs du métro, même dans l’espace. Là, cependant, ça m’a fait particulièrement penser à Good Bye Earth, une série coréenne pas folle en soi qui racontait que la Corée allait être frappée par ue météorite. Pour survivre, les riches s’enterraient dans des bunkers et kidnappaient de jeunes adolescents pour en faire leur personnel. Ici, c’est peu le même principe. Le fondateur de l’Arche pose clairement le problème : dans un monde où l’argent n’existe plus, comment conserver le pouvoir ?

Des Riches devenus immortels
Autre oeuvre à laquelle j’ai pensé en lisant Arca, c’est Le Neuromancien. A un moment, il est question de riches qui vivent plusieurs siècles en transférant leur conscience dans des clones. Peu ou prou le principe d’Altered Carbon. Ici, pas de transfert d’âme mais une régénération des corps de nos Citoyens qui sont là depuis le départ du voyage alors qu’on comprend qu’Effie, elle, est au moins de la troisième génération post-départ. Alors la regénération des corps, ça fait plutôt penser à Ad Vitam mais il n’y avait pas de notion de classes, tout le monde y avait accès. On a aussi des androïdes qui sont élaborés pour remplacer pionniers et assistants mais c’est plutôt anecdotique donc je ne vais pas faire un paragraphe entier dessus.

Car elle est l’Elue
Evidemment, comme toute oeuvre où un ou une adolescente se rebelle, il y a toujours cette notion d’Elue. Effie est très intelligente, ça nous est répété tout au long de l’histoire. Le citoyen qu’elle sert lui autorise pas mal de largesses justement parce qu’elle est brillante, avant de le regretter quand il va comprendre qu’elle est le grain de sable qui va enrayer la machine. La BD nous amène tranquillement jusqu’à son ultime plot twist qui ne m’a pas surprise car il est similaire à Ascension. Une série au pitch prometteur mais qui s’est perdue dans le peu de soufre qu’elle essayait de souffler.

Les amoureux y trouveront plein de références
Bref, Arca est une petite BD one shot plutôt sympa qui a le mérite de marier plusieurs thématiques vues à droite, à gauche, dans une seule oeuvre. Pour les amoureux des dystopies, vous pourrez sans doute trouver d’autres références comme 1984 puisque tout le monde est filmé et Effie et ses amis doivent se cacher pour discuter tranquille dans un repère qui m’a vaguement fait penser à celui de Matrix dans la “vraie vie”. On a aussi un aspect “usine à ventre” qui pourrait évoquer Mad Max Fury Road. Mais au moins, on est sur une histoire originale pleine de clin d’oeil et pas un pompage assumé comme dans Utopie.



