Systra, la dystopie eugénique

Dans Systra, des frères et soeurs doivent s’affronter à mort car le nombre d’être humains doit être réduit pour permettre à tous de survivre.

Parmi les préoccupations que l’on retrouve dans les dystopies modernes, comment ne pas citer la question de la surpopulation et des ressources ? Dans Systra de Marine Stengel, la question va dériver sur une nouvelle organisation de la société pour le moins radicale afin de limiter le nombre d’enfant par couple. Et pourquoi pas régler par un jeu de massacre entre membres d’une même fratrie ?

Systra de Marine Stengel

L’histoire. Callie est une petite fille heureuse jusqu’à ce que sa mère retombe enceinte. Donnant vie à une petite fille, Kaya, les deux enfants sont placées dans des instituts différents, suivant la loi Systra. A la majorité de l’aînée, à 21 ans, les frères et soeurs sont jetés sur un terrain neutre, quelque part au Kosovo. Le but ? Le premier qui tue son ou sa systra a le droit d’intégrer la société civile. Et bien.

Bagarre entre femmes

Les enfants sont répartis entre deux instituts : l’institut E qui privilégie l’intelligence et le savoir et interdit formellement tout exercice physique alors que l’institut F enseigne la bagarre. Callie est donc très calée en anatomie alors que sa soeur sait envoyer des couteaux comme personne et peut casser un bras au petit déjeuner. Ca me paraît très équilibré cette histoire.

Les cerveaux vs les muscles

Clairement, dans les premiers chapitres, avec ces histoires d’institut, ça m’a clairement rappelé un truc. Ah, ce serait genre les Erudits contre les Audacieux comme dans Divergente… Sauf que pour le coup, ici, les Audacieux ne jouent pas au Yamakasis, ils sont juste à fond sur l’apprentissage de toutes les techniques possibles pour tuer. Puis nos systras sont envoyées sur un terrain pour se battre à mort, héritant juste d’un sac à dos avec une arme dedans. Ah oui, Battle Royale, je connais. Mâtiné d’Hunger Games car des drones semblent filmer les participants et nous avons aussi une petite scène romantique dans une cavité naturelle.

Le Kosovo

Donc Systra s’inscrit totalement dans la catégorie young adult et ne s’en cache absolument pas. On va retrouver pas mal de codes. Ce qui n’est pas une critique de ma part. On va donc avoir de jeunes gens qui vont se retrouver malgré eux au milieu d’un système qui les dépasse totalement. Des jeunes gens brillants qui sont premiers de leur établissement respectif et qui vont connaître quelques émois amoureux. Amour qu’ils n’avaient jamais connu jusque là. De l’aventure, de la tension, de l’amour et un système à bout de souffle, des mensonges d’Etat… On a notre carton plein.

Littérature young adult

Reprenons donc un peu l’univers dans lequel nous évoluons. On est dans une dystopie d’anticipation classique. L’effondrement à cause des bouleversements climatiques entraînant des bouleversements géopolitiques importants. En Europe, c’est donc désormais la loi de l’enfant unique. Sauf que… Si un couple contrevient à la règle, l’avortement est interdit. Les premiers chapitres nous racontent les tentatives de la mère de Callie de se débarrasser de l’autre foetus mais sans succès et surveillance accrue de la part de l’Etat. Quoi ?

Un ventre de femme enceinte

Oui, sur les deux premières parties du roman, on s’interroge pas mal sur le fonctionnement de cette société. Déjà, lutter contre la surpopulation en obligeant les mères à porter l’enfant surnuméraire, la logique m’échappe. Ensuite, on peut se demander quel est l’intérêt d’élever des enfants destinés à un massacre dans un monde où les ressources semblent limitées. Et dernier point qui m’a un peu fait sourire : les parents sont priés de donner des prénoms français à leurs enfants. Les personnages s’appellent Callie, Kaya, Niels, Andrew, Jarek, Natacha, Roy. Heu… ? 

Un prénom pour un héros ou une héroïne

Alors autant pour les prénoms, j’ai pas saisi la logique, autant pour le reste, on va découvrir en dernière partie que le système cache un autre système. Que les incohérences peuvent trouver leur explication. Même si les motivations derrière l’écriture de ce roman est clairement de mixer différentes dystopies young adult. D’ailleurs, l’Institut E s’appelle E pour Erudit. C’est complètement assumé.

Erudits vs Audacieux

Reste une écriture efficace et des rebondissements plutôt bien vus. Plusieurs fois, on a l’impression que Systra va prendre une direction et en prend finalement une autre. On devine quelques rebondissements mais au global, la lecture est très agréable, le rythme enlevé. Evidemment, il faut apprécier le genre mais si vous êtes clients des dystopies Young Adult, celle-ci sera très bien pour vous occuper quelques jours cet été. Quelques jours parce que, franchement, on a un peu de mal à lâcher.

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