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Dalloway, la dystopie Mylène Farmer 

Une écrivaine bloquée dans son process créatif est secondé par une IA, Dalloway… qui semble la pousser dans ses retranchements. Paranoïa ?

Saviez-vous que Mylène Farmer a joué dans une dystopie ? Nous allons en parler aujourd’hui ! Il s’agit de Dalloway, une dystopie sur la thématique toujours très populaire des IA. Sauf que le film nous offre une dimension très psychologique, nous faisant basculer dans le thriller. Car de l’IA ou de l’Humaine, qui est en train de dérailler ?

Cécile de France dans Galloway

Clarissa est une écrivaine en pleine panne d’inspiration. Pour tenter de relancer son écriture, elle rejoint une résidence d’artistes dirigée par Anne. Il s’agit d’une résidence d’artistes nouvelle génération puisque chaque appartement dispose d’une IA personnalisée pour aider l’artiste à créer. Clarissa fait donc équipe avec Dalloway. Mais l’écriture reste laborieuse, Clarissa passe son temps à écrire puis effacer ce qu’elle a produit, insatisfaite. Jusqu’au jour où Dalloway lui projette une vidéo de Lucas, son fils décédé, par accident. Par accident, vraiment ?

Cécile de France est Clarissa dans Dalloway

Toujours choquée par le suicide de son enfant, Clarissa va commencer à écrire un roman sur cette disparition. Sauf que Dalloway la pousse toujours plus à aller plus loin dans son introspection. A se livrer totalement pour raconter la vraie histoire dans son récit. Clarissa trouvé Dalloway de plus en plus intrusive et suspecte. Et ses conversations avec Matthias, un autre résident, va lui faire perdre peu à peu confiance en Dalloway. Petit à petit, Clarissa s’enfonce dans la paranoïa, persuadée que Dalloway lui veut du mal.

Dalloway, un thriller psychologique à base d'IA

Tiré du roman “Les fleurs de l’ombre” de Tatiana de Rosnay, Dalloway a une grosse dimension thriller. On pourrait le rapprocher d’un The game de David Fincher pour sa dimension paranoïaque, noyant le spectateur dans le doute sur ce qui est vrai ou non et le sentiment de solitude de plus en plus marqué du protagoniste. Parenthèse : j’adore The Game, n’hésitez pas à le regarder si vous ne connaissez pas. Je ne vais pas tant m’arrêter sur la dimension thriller puisque ce n’est pas ce qui m’intéresse pour cette chronique. Parlons plutôt IA.

Clarissa glisse un peu vers la paranoïa

Dalloway se passe dans un “futur proche”, 2028. Un univers très proche de nous, donc. Seule la résidence d’artistes ressemble à tous ces immeubles futuristes que l’on voit dans les dessins architecturaux, en formes arrondies et jardins suspendus. Mais à part ça, on est bien dans une temporalité proche de la nôtre, évitant les anomalies de type “rien n’a évolué sauf la technologie dont on parle” alors que le récit est censé se passer bien plus tard dans le temps. A noter d’ailleurs que Dalloway, ainsi que les autres intelligences artificielles assistantes, ne sont pas une technologie accessible au grand public mais bien une technologie développée par les équipes de Anne pour son projet de résidence artistique où elle veut soutenir la création d’artistes qui l’intéressent. 

Anna Mouglalis est Anne dans Dalloway

Et c’est justement un point intéressant. Durant la montée paranoïaque de Clarissa, elle rejette d’abord Dalloway qu’elle accuse de vouloir la manipuler pour qu’elle écrive sur la mort de son fils. Mais très vite, le discours bascule vers une autre coupable : Anne. Selon Matthias, tout est orchestré par Anne pour forcer les artistes à dépasser leurs propres limites ou leurs réticences. Dans les fictions sur l’IA qui pullulent depuis des années, nous avons généralement deux prismes. Soit le récit va nous faire hésiter quant à l’autonomie de l’IA qui deviendrait consciente, soit on va chercher quelles sont les intentions de son créateur ou de sa créatrice. Curieusement, ce sont souvent les IA embarquées dans des androïdes façon Detroit, Klara et le soleil, Real Humans… qui prennent ce parti. Alors que la première IA qui prend conscience d’elle-même au cinéma est le gros spot rouge de 2001, Odyssée de l’espace… Ici, Clarissa va osciller entre les deux, ne sachant qui, exactement, est en train de chercher à la faire basculer dans la folie.

Clarissa au bout du rouleau

Parlons un peu de Dalloway qui est juste une voix. Une voix générale, aucun objet ne la représente. Une voix, en l’occurence celle de Mylène Farmer, qui n’est pas robotisée. Il me semble que le mémo donnée à Mylène a été : « écoute Scarlet dans Her et fais la même chose ». Une voix qui se veut profondément bienveillante du début à la fin du film et qui semble réellement se préoccuper de la santé mentale de Clarissa. Contre le consentement de cette dernière qui lui demande à plusieurs reprises de la laisser tranquille. Le choix de cette voix douce et claire est intéressante car dans les purs moments de paranoïa de Clarissa, Dalloway semble presque plus être une voix intérieure qu’un assistant virtuel, finalement.

Cécile de France dans Dalloway

Parlons un peu création. L’histoire associe ici une écrivaine et une IA donc forcément, au vu de la teneur actuelle des débats sur l’IA, on pense IA générative. Autant vous dire que c’est pas du tout le sujet du film. On est plus dans une IA assistante poussée, une sorte d’accoucheuse d’un roman qui ne veut pas sortir. Une assistante confidente et c’est là que les limites sont brouillées entre une confidente bienveillante qui veut pousser Clarissa à livrer son pire secret, celui qui l’empêche de faire le deuil de son fils, et cet outil au service d’Anne, une femme qui veut avant tout faire tourner son entreprise, au prix de la santé de ses résidents.

Anne vs Clarissa dans Dalloway

Finalement, Dalloway, c’est vraiment un questionnement sur les intentions des IA, ou plutôt de ceux qui les programment. Une question assez essentielle alors qu’elles sont de plus en plus utilisées. Imaginez qu’un techno-fasciste qui fait un salut nazi en pleine investiture présidentielle ait sa propre IA, à votre avis, n’utiliserait-il pas son outil pour propager ses idées. Un peu comme il utilise son réseau social pour encourager des pogroms en Europe. Ce serait fou quand on y pense…

Cecile de France est perplexe

Dalloway n’est pas un film qui se voit plus gros qu’il ne l’est. C’est un thriller plutôt sympa, qui repose essentiellement sur le travail de Cécile de France qui joue Clarissa. Quelques passages sont un peu mou, les références à 2001, Odyssée de l’espace, un peu grossières. Le film veut sans doute en raconter trop en peu de temps et la montée de paranoïa de Clarissa un peu trop rapide. Il aurait sans doute été intéressant que Clarissa soit d’abord séduite par Dalloway avant de la rejeter. Là, on a l’impression que, de toute façon, elle n’a jamais aimé bosser avec cette IA et ça l’arrange bien de trouver une personne qui la critique. De la même façon les “anomalies” de Dalloway arrivent très vite, si bien qu’on voit un peu trop où on va.

Clarissa fait un doigt

Mais ça reste un bon petit thriller, idéal notamment pour les vacances. On ne trouve certes pas la puissance de The game. Mais au rayon dystopie, on a vu tellement pire. Ah et, oui, j’ai un peu mis l’accent sur Mylène Farmer pour flatter un peu Google mais je ne suis pas sûre que les fans y trouvent leur compte vu qu’on ne la verra pas de tout le film. Par contre, Cécile de France est toujours au top.

1 réflexion sur “Dalloway, la dystopie Mylène Farmer 

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