Osmosis, la dystopie amoureuse

Dans une France futuriste, une application vous permet de trouver l’âme soeur. Mais les intentions des créateurs de Osmosis sont-elles si nobles ?

Un soir pluvieux d’avril, on glande sur Netflix et on découvre Osmosis, une dystopie à la française ! Alors, je suis pas hyper calée sur le sujet. En terme de dystopie française, j’ai Trepalium, Bunker Palace Hotel, Ad Vitam, Ares… faudra qu’on en parle. Bref une dystopie qui parle d’amour, ça me fait triper. Essentiellement parce que la première dystopie que j’ai lue sans que ce soit au programme de l’école, c’était la Nuit des temps de Barjavel qui m’a fortement marquée. Pour la société Gondawa (plus ou moins une inspiration directe pour Augura) et pour l’histoire d’amour entre Elea et Païkan. Alors, Osmosis m’a-t-il autant touchée que La Nuit des temps ?

Osmosis, dystopie française de Netflix

La technologie au service de l’amour

L’histoire : quelque part dans un futur pas si lointain, la société Osmosis offre une promesse. Celle de vous faire connaître votre âme soeur. Esther, aidée de son assistant virtuel Martin et son frère Paul, décident de commercialiser une application qui se synchronise avec ses utilisateurs pour leur faire apparaître leur grand amour. On va donc suivre Esther et Paul, mais aussi plusieurs cobayes dont Ana, Lucas et Niels. Nous allons découvrir les histoires d’amour (plutôt pétées) de nos trois utilisateurs. Mais aussi la lutte de Paul pour retrouver son amour perdu? Joséphine, le combat d’Esther pour faire sortir sa mère du coma en utilisant toute la technologie à sa disposition… Et les souvenirs de quelques cobayes. Il y a aussi des histoires de rébellion face à cet amour déterministe, des manigances de concurrents amoureux ou industriels..

Osmosis, Paul et Esther

Une esthétique si froide…et publicitaire

En somme, c’est le bordel. Osmosis est une belle promesse. Esthétique d’abord. C’est beau, nous avons droit à de très jolis plans inspirés. Une esthétique rétro qui contraste avec la froideur des locaux tout en verre d’Osmosis et beaucoup trop éclairés. C’est un truc de dystopie à la française, ça, la froideur. Souvenez-vous Trepalium et son orgie de béton… Esthétiquement, y a de la volonté même si ça se regarde un peu trop le nombril parfois. La première scène (la première…) est assez catastrophique . On voit Esther sanglée dans un trench déambuler dans un appart parisien regarder des hommes… en fait, j’attendais le logo “YSL” tellement cette scène fait pub pour une marque de cosmétiques.

Esther et Tom dans une esthétique très publicitaire

Des personnages mal écrits et mal interprétés

De façon générale, les acteurs sont à côté de leurs pompes. Agathe Bonitzer semble jouer dans la pub précédemment citée avec pour seule consigne de ne surtout pas sourire. Hugo Becker, que j’avais adoré dans Au service de la France, semble se contenter de faire une parodie de Nicolas Duvauchelle. Je les confonds un peu du coup. Les personnages sont plutôt mal écrits, notamment les cobayes. Lucas est épuisant à prendre les mauvaises décisions, Ana est très mal habillée dans son rôle de grosse. Oui, son histoire, c’est qu’elle est grosse et que personne ne veut d’elle. Alors que son problème, c’est qu’elle se balade en col roulé pour aller faire du sport en été. Les autres sont tous ventre nu ! Quant à Niels, il est censé souffrir d’addiction au porno virtuel mais, on ne sait pas trop pourquoi, ça se mue en pulsions meurtrières.

Osmosis, Ana

Des bouts d’histoire pour un résultat confus

Y a pourtant de bonnes idées, j’ai bien aimé l’arc sur Martin, l’assistant virtuel. Et c’est à peu près tout. Déjà, c’est trop compliqué. On n’a aucune idée de ce qu’on est censé regarder. Entre les activistes anti-progrès ou je ne sais quoi. C’est vraiment un élément scénaristique un peu balancé au détour de dialogues. On ne comprend pas vraiment ce qu’ils revendiquent à part qu’Osmosis, c’est mal. Des parfaits connards les activistes, d’ailleurs. Les histoires de pognon de la boîte, l’histoire de Joséphine, l’histoire de la mère, les petits twists autour de Swann et Gabriel… La seule chose qui manque en vérité, c’est l’amour.

Claire et Niels dans Osmosis

Où est l’amour ?

Et c’est tout le souci d’Osmosis (enfin, le principal, j’en ai déjà énuméré un paquet). Il n’y a pas d’amour. Enfin, il y en a un peu, beaucoup de gens qui s’aiment mais ça manque de chaleur. On est censé parler d’âme soeur, d’évidence amoureuse, en quelque sorte, et tout est si glacial. Et je pense que tout s’explique par cette volonté de faire du beau. Les plans de fusion amoureuse et sexuelle de Joséphine et Paul sont magnifiques, on dirait un tableau. On pourrait aussi parler de l’extase amoureuse d’Esther sur la fin mais tout est si froid. Comme ces univers dystopiques français (hors Le cinquième élément) où les acteurs s’enferment dans un jeu monolithique pour incarner un monde froid et aseptisé. Sauf que du coup, n’ayant pas d’empathie pour eux, j’en ai vraiment rien à faire de leurs amours. Ils m’agacent juste tous à se balancer des punchlines tout en étant toujours faux.

Paul et Joséphine dans Osmosis

Mais surtout, Osmosis a un énorme problème de temporalité. J’en ai fait un article complet que je vous laisse découvrir. Bisous !

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