Les corporations, marionnettistes des sociétés futures

Parmi les antagonistes des dystopies surtout sociales : les corporations, inhumaines, polluantes et limite esclavagistes.

Quand j’étudiais les relations internationales à la fac, parmi les acteurs de ses relations se trouvaient les entreprises. Les corporations. J’ai toujours été intriguée par ce point, indiscutable. J’avais envisagé d’écrire un roman où les Etats ont disparu au profit de ces fameuses corporations gigantesques mais je ne suis pas sûre que ce soit très crédible. Parce que les entreprises ne sont pas intéressées par l’exercice du pouvoir en temps que tel. Pourtant, dans les dystopies, on retrouve souvent trace d’une vilaine corporation, surpuissante, qui mène la vie dure aux protagonistes.

Fuji TV à Odaiba
Le siège de Fuji TV à Odaiba, très futuriste

Un double archétype

Je ne vais pas dresser une liste à la Prévert des vilaines corporations que l’on croise dans les dystopies même si, souvent, elles font office d’archétype de méchant puissant. Tyrell dans Blade Runner, Papa Song dans Cloud Atlas, Rekall dans Total Recall, le laboratoire dans Arès… Et évidemment Cyberdyne. L’archétype de la corportation va néanmoins nous proposer deux schémas bien distincts.

Les décors pour Cyberdyne

Le moteur du changement

Les corporations sont souvent un moteur important de changement d’une société. Notamment via l’apport d’une technologie qui va tout changer. Outre toute la gamme des humanoïdes plus humains que les humains comme Better than us ou Westworld. Cette technologie va être soit un point de départ d’une intrigue, comme dans Terminator où Cyberdyne détruit le monde via son IA Skynet. Soit les personnages vont être confrontés à cette révolution technologique et le récit va surtout opposer ceux qui adhèrent à la nouveauté et ceux qui la refusent. Comme dans Better than us déjà cité mais également Osmosis ou encore M, le bord de l’abîme. La corporation n’est pas forcément malfaisante par essence. Elle est parfois dépassée par sa propre technologie.

Westworld

L’Etat dans l’Etat

On est plus là dans les dystopies un peu plus lointaines qui mettent en scène une lutte des classes avec une pauvreté qui ronge la société. Typiquement Trepalium où on a d’un côté les pauvres chômeurs et de l’autre, les “nantis” qui font des métiers totalement stupides pour justifier qu’ils ont de l’argent. Un peu le monde dépeint par le regretté David Graeber, finalement. Clairement, quand la corporation apparaît dans les dystopies de type lutte des classes, ils ne sont pas du tout du bon côté. Exploitant la pauvreté pour leurs profils comme dans Arès, par exemple. C’est peut-être un truc de dystopie française, tiens. Dans Cloud Atlas, Papa Song est littéralement un Etat pour les clones puisqu’elles y passent leur vie avant d’être éliminées. Idem dans C’est le coeur qui lâche en dernier où la société est organisée par une entreprise, Concilience.

Les entreprises dystopiques existent déjà

L’idée d’une entreprise tel un Etat, ce n’est pas tant de la science fiction, en réalité. Prenez les usines du début de la fin du XIXe-début XXe avec le village ouvrier juxtaposé où le patron bienveillant permet aux ouvriers d’avoir une vie à quelques mètres de l’usine. D’ailleurs, si vous aimez les cités ouvrières, je vous recommande celle de Noisiel. Si, aujourd’hui, vous ne vivez plus dans un village avec vos collègues, on retrouve peu à peu cette idée d’entreprise comme véritable lieu de vie avec les campus. On en croise d’ailleurs dans The circle et M, le bord de l’abîme. Les entreprises nous offrent de plus en plus de bonus pour étendre au maximum notre présence sur site. Du babyfoot à la console, de la nourriture à volonté au la piscine ou la salle de sport. Bon, moi, j’adorerais une salle de sport dans mon entreprise mais j’ai conscience de la volonté de me retenir au bureau derrière ces bonus.

Campus futuriste

Un capitalisme aveugle

Mais les dystopies ne nous alertent pas sur nos horaires sans fin et le grand méchant n’est jamais le chief happiness officer. Mais le capitalisme crasse qui veut pomper ce qu’il reste de ressources et laisser crever la planète. C’est littéralement l’histoire de Final Fantasy VII et je pense que les dystopies écologiques vont se multiplier. Et qui de mieux qu’une entreprise capitaliste et polluante en face ? Après, je critique pas cette dichotomie, assez réaliste. La vie actuelle nous donne déjà tant d’exemples de grosses sociétés qui polluent en toute décontraction… Après, un peu de nuance ne tuerait pas. Très peu de gens agissent mal de façon parfaitement consciente.

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