Maniac, la dystopie rétro-dépressive

Dans un futur proche, la société Neberdine cherche des cobayes pour tester une thérapie contre la dépression. C’est le pitch de Maniac, une série géniale

Le problème avec Netflix, c’est son catalogue dynamique. Tu croules souvent sous les nouveautés qui te sont toujours recommandées alors que… non, je ne veux pas voir de téléréalité, sorry ! Du coup, quand Maniac était sorti, je l’avais un peu repéré car mini-série, un format que j’aime toujours bien. Et Emma Stone qui est l’actrice la plus lumineuse du game. Je ne savais pas à quoi m’attendre et je fus fort étonnée de découvrir une dystopie. En plus d’une série absolument géniale.

Maniac avec Emma Stone et Jonah Hill

Pilule et onirisme

L’histoire. Nous suivons Annie et Owen. Soit une dépressive et l’autre schizophrène paranoïaque, qui se rendent à la société Neberdine pour s’inscrire à un essai clinique. La société leur propose en effet de tester un programme révolutionnaire contre la dépression. Mais l’essai va dégénérer et entraîner nos protagonistes dans des délires oniriques assez incroyables.

Jonah Hill et Emma Stone dans Maniac

En toute subtilité

Le côté dystopique est très discret, ce sont vraiment quelques éléments de ci, de là. On ne sait pas exactement quand se passe la série mais on suppose que c’est à peine dans quelques années, dans des Etats-Unis en pleine récession baignant dans une esthétique rétro-futuriste. On découvre  la société par petites touches. Les petits robots qui nettoient la rue, l’omniprésence de la pub, acteur majeur de la société que l’on nous présente.

Le sanitation dans Maniac

La pub comme pilier de la société

Oui, premier élément un peu cauchemardesque, de mon point de vue : la pub et devenue un pilier de la société, un moyen d’obtenir de l’argent. Outre la présence cauchemardesque de logos en néons comme ceux que l’on voit à travers la fenêtre d’Owen. De son côté, Annie survit grâce à de l’argent donné par la société Adbuddy qui vous rémunère pour que vous écoutiez des pubs, ânonnées par une personne qui les lit pour vous. 

Adbuddy dans Maniac

Bullshit jobs

Ah oui parce que le futur, c’est pas mal de petits jobs de merde. Du liseur de pub au  pote de “loue un pote” (friends proxy) en passant par la boîte un peu obscure qui vous vend des informations personnelles sur une personne lambda. Et peut même l’agresser avec supplément. Tout est légal, tant qu’on paye. Annie vend également son visage pour une pub.

Proxy friend, apothéose du bullshit job

Une esthétique si rétrofuturiste

Rentrons maintenant au sein de la société Neberdine Biotech. J’adore le rétrofuturisme donc j’ai adoré mille et un détails des lieux. les capsules hexagonales des cobayes au test, la table ronde qui n’est pas sans rappeler Alien mais surtout l’ordinateur. Car au-delà du tableau assez noir et cynique sur cette société de demain, il y a l’univers de Neberdine qui est un pur bijou. Déjà, avant de s’enfermer là, Annie va voir son père qui vit dans un espèce de mini vaisseau qui n’est pas sans rappeler les jouets futuristes de mon enfance, un pur délice. Mais chez Neberdine, l’expérimentation est mené par un robot… un robot représenté par des dizaines et des dizaines de diodes qui clignotent pour former un visage… ou une larme quand l’ordinateur pleure la mort de son “amant”, un docteur du laboratoire.

Le Pr Mantleray et l'ordinateur
Maniac

Une IA sensible

Outre l’esthétique rétrofuturiste, nous sommes dans une dystopie de type “la technologie nous dépasse”. Comme Snowpiercer ou Terminator. Sauf qu’ici, pas de solution technologique non maîtrisée face au réchauffement climatique. Ni d’IA déterminée à prendre le pouvoir. Ici, le robot est dépressif et en quête de lui-même. Il a été conçu par le Pr Mantleray, joué par le génial Justin Theroux. Point Justin Theroux ! Arrêtez de lui donner des rôles dramatiques. Oui, il est très joli et il était très bien dans the Leftovers. Mais il est meilleur dans les rôles un peu barrés. Point avance technologique ! Dans cet univers, les mondes virtuels sont si développés qu’on peut faire l’amour avec d’étranges créatures… notamment grâce à un étui à bite interactif. C’est assez réaliste si on considère qu’Internet a beaucoup évolué grâce à l’industrie porno? surtout sur le paiement en ligne. On attend beaucoup d’eux sur le développement de la réalité virtuelle. Le Pr Mantleray a donné au robot la personnalité de sa mère, psy pas toujours nette, notamment dans les rapports avec son fils. Ainsi l’ordinateur dépressif, plutôt que de soigner les cobayes, va tenter de les garder captifs pour ne plus être seule.

Sally Field en ordinateur dépressif dans Maniac

Une imagination débridée

Bref, j’ai eu un vrai coup de coeur pour Maniac. Ca rappelle un peu Dirk Gently dans le côté sans limite et sans autocensure de l’imagination des scénaristes. C’est 10 épisodes et il n’y aura aucune suite pétée pour allonger la sauce jusqu’à l’insipide. Plus qu’une dystopie proposant quelque chose de nouveau, on a plus à faire à une dystopie reprenant quelques poncifs et imageries des années 80 (les diodes). Le tout n’étant pas exempt d’une certaine poésie. J’ai adoré. Si vous étiez passé à côté, profitez du confinement pour vous rattraper. Ca vous occupera 6h et de fort belle façon. Et je vous rassure, le personnage d’Emma Stone abandonne rapidement son côté agaçant. 

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