Hunger games, la dystopie de la faim

Carton cinématographique qui a permis à toute une génération de découvrir les dystopies, Hunger Games nous parle de faim, lutte des classes et télé-réalité

Depuis quelques années, nous avons droit à une flopée de dystopie pour jeunes gens. Voire jeunes filles… je vous parlerai de l’Elue une prochaine fois. Le succès d’Hunger Games a bien tracé la voie au genre. Un vrai carton, surtout au cinéma. Comme je suis une grande cinéphile, je vous l’annonce direct : aujourd’hui, on va parler des romans Hunger Games. Car j’ai pas encore vu les films. Mais je le ferai promis.

Katniss dans Hunger Games
Bon par contre, en illustration, j’ai que des images des films

Les pauvres vont se battre pour divertir les riches

Alors Hunger Games, de quoi ça parle ? A Panem, les populations ouvrières sont dispatchées en treize districts ayant chacune une spécificité. Le tout est dirigé par le Capitole, quartier ultra bourgeois où les habitants profitent des richesses produites par les districts. Eux qui vivent dans la misère et connaissent la morsure de la faim. Chaque année, le Capitole organise des Hunger Games. Le principe est simple. Chacun des douze districts doit envoyer deux tributs, un garçon et une fille, tirés au sort. Oui douze car le Capitole a éradiqué le treizième suite à une révolte. L’histoire commence lors du tirage au sort de la 74e édition. On suit le quotidien de Katniss Everdeen, une gamine pas commode du 12e district. Pas de bol pour Katniss, le tirage au sort désigne sa frêle petite soeur Primevere . N’écoutant que son instinct, Katniss se porte volontaire pour la remplacer. La voici donc en route pour les Hunger games avec Peeta, le fils du boulanger.

Katniss se porte volontaire dans les Hunger Games

Une resucée de Battle Royale ?

Bon, on va s’arrêter là pour le résumé. Peut-on parler d’Hunger Games sans parler de Battle Royale ? Battle Royale, pour ceux qui ne connaissent pas… déjà, ça s’écrit bien avec un e à Royale, je n’ai pas fait de faute. Il s’agit d’un roman que je n’ai pas (encore) lu, adapté en film en 2000. Dans un Japon du futur, une classe de terminale est tirée au sort chaque année pour aller se battre sur une île. Chaque élève reçoit un sac avec un contenu aléatoire et doit survivre comme il peut à l’attaque des autres étudiants. Le gagnant est le dernier survivant. Le tout sous l’oeil des caméras ! Dans Hunger Games… et bien, c’est exactement pareil. A quelques détails près : dans Battle Royale, la classe tirée au sort ne le sait que quand elle se retrouve devant le fait accompli. Dans Hunger Games, les candidats peuvent être des volontaires. Les districts les plus riches envoient d’ailleurs des “candidats de carrière”, hyper entraînés qui devraient gagner sans soucis. Autre point : la télé exhibe les candidats des Hunger Games avant le lancement. Ils ont droit à des petites interviews, un défilé… On est vraiment dans un niveau extrême de télé-réalité, un peu comme Acide sulfurique d’Amélie Nothomb. Enfin, la raison de ces jeux ne sont pas les mêmes. Dans Battle Royale, ce divertissement a été créé pour mater des adolescents, de plus en plus violents. Dans Hunger Games, les jeux sont des actes de contrition des districts vis-à-vis du Capitole suite à une révolte passée qui a dégénéré en guerre civile. En gros : Battle Royale oppose jeunes et vieux, Hunger Games riches et pauvres.

Battle Royale

La nouvelle Cour du Roi

En fait, sur l’organisation de la société, on est pas loin de la France monarchique, moins le clergé. Sauf à considérer que la télé est la nouvelle religion et le présentateur vedette, Caesar Flickermann, son pape. Le côté Cour est très présent dans le roman. Les repas sont gargantuesques, les habitants du Capitole sont très férus de mode et de tout ce qui peut améliorer leur apparence. Quand Katniss arrive au Capitole, elle est interloquée par toutes les transformations physiques (la chirurgie esthétique) que s’infligent les habitants du Capitole, devenus monstrueux. Ce faste émerveille cependant la jeune fille, surtout la nourriture. Car Hunger Games est politique. Evidemment, le roman nous décrit un divertissement sanglant que tous sont obligés de regarder. Au Capitole, on s’en régale, dans les districts, on en tremble. On retrouve également toutes les graines d’une révolution à venir. Durant toute la trilogie, on découvre les rouages mis en place par le Capitole pour soumettre les districts. Avec cette sensation de ne pouvoir s’en sortir. Mais la révolution trouve toujours un chemin (à peu près Jeff Goldblum).

Jennifer Lawrence joue Katniss dans Hunger Games

Entre futurisme et médiévalisme

A l’arrivée, Hunger Games est une oeuvre curieuse. On navigue entre districts pauvres où on s’attend limite à ce qu’ils s’éclairent à la bougie, même s’ils ont la télé. Le Capitole n’est pas si futuriste sauf sur la génétique. Il y a plein de créatures cheloues utilisées en général pour empêcher les gens de districts de quitter leur secteur. On croise également des overcrafts, avions ou hélicos du futur, des traqueurs sur les candidats. Je suppose l’existence des caméras drones minuscules puisque les candidats sont filmés en permanence. Mais on ne sait pas comment. Même, à un moment, Katniss et Peeta se cachent dans une grotte et “jouent la comédie” pour les caméras. Mais elles sont où les caméras ? En fait, le Capitole n’est pas bien différent de notre société… Voire un peu en retard ? Il n’y a aucune notion d’Internet, par exemple. Tout ce qui est “futuriste” est concentré sur les jeux et le maintien de l’ordre. Alors pourquoi pas mais j’ai du mal à me faire un avis précis sur le degré technologique de Panem.

Le Capitole de Panem dans The Hunger games

L’ère des héroïnes

Mais malgré ces petits éléments branlants, la lecture d’Hunger Games est agréable. Et pas si “lecture pour jeunes” même si je refuse de cracher sur le genre car je le trouve généralement assez innovant. Notamment par la dimension politique assez forte. Et, parenthèse, je trouve la dimension amoureuse assez intéressante même si le triangle amoureux est un peu foireux. Hunger Games a encouragé une profusion de littérature dystopique pour jeunes (filles ?) avec des héroïnes courageuses, badass mais pas trop. Bon la volonté de rajouter quelques défauts à l’héroïne la rend parfois soit un peu stupide, soit assez antipathique. Je suis pas super fan de Katniss en soi, idem pour Triss dans Divergente. Donc si vous aimez les dystopies du divertissement avec un petit grain de révolte… Je pense que ça se mariera parfaitement avec la plage et la crème solaire.

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