Blade Runner 2049 : c’est quoi être humain ?

Blade Runner 2049 joue sur l’ambivalence des Replicants, plus humains qu’humanoïdes…Même si le film manque terriblement de subtilité

Si les dystopies nous offrent un panel très varié de thèmes et de traitements, on retrouve certaines permanences. Notamment cette question lancinante : qu’est-ce que c’est qu’être humain ? En général, cette question est prégnante dans les dystopies remplies de robots, clones, humanoïdes divers et variés. Comme Blade Runner et ses replicants… ou Blade Runner 2049, une suite assez… esthétique.

Blade runner 2049

Des Replicants plus évolués

L’action se déroule en 2049 soit 30 ans après le premier film. Désormais, les Replicants sont intégrés à la société à l’image de K, replicant et Blade runner qui chasse les anciens modèles de Replicant. Il se rend d’ailleurs à une ferme où il élimine un ancien modèle et, un peu par hasard, il découvre des ossements enterrés sous un énorme arbre en bois. L’enquête commence et on découvre rapidement que ce sont les ossements d’une Replicant… qui a accouché. Voilà qui est inattendu !

Blade Runner 2049

Toujours plus de technologie

A partir de là, on va suivre K à la recherche de la vérité. Car il est persuadé qu’il est l’enfant de cette mystérieuse Replicant. Durant son enquête, nous allons donc découvrir cette société dans laquelle il évolue. Notamment sa petite amie holographique qui semble douée d’une conscience propre et qui va gagner en indépendance grâce à des évolutions technologiques. Cet hologramme est concocté par la société Wallace qui a ramassé tout le marché des Replicants et hologrammes en lieu et place de Tyrell. 

Joi et K dans Blade Runner
Ah oui, une scène de discussion sous la pluie sur un toit, ça me rappelle le 1er film, subtilité…

Une quête de vérité

Mais le passé n’est pas mort puisque l’on découvre que les ossements appartiennent à Rachel… la Replicante du premier opus qui avait ravi le coeur de Rick Deckard, le blade runner originel. K, de plus en plus persuadé qu’il est le fils de Rachel, va donc partir à la quête de la vérité… et donc ce son père. 

Ryan Gosling, l'acteur monoexpressif

Les Replicant sont-ils aussi humains que les humains ?

Ce film est beau. Il est d’une beauté irréelle, notamment la partie à Las Vegas. Il y a une esthétique folle dans cet univers. La narration joue le flou permanent, ne nous permettant pas d’ancrer la nature artificielle des Replicants et hologrammes. Notamment grâce au couple K-Joy où les deux personnages semblent sincèrement épris l’un de l’autre, malgré leur nature artificielle. De la même façon, le film nous offre la scène étrange de la naissance d’une Replicant. 

Blade Runner 2049, passage à Las Vegas

Pas de place à l’ambiguité

Et cependant, le film ne marche pas. Il se tire régulièrement des balles dans le pied pour ne laisser aucune ambiguïté sur la non-humanité des Replicant. Par exemple, celle qui naît est éliminée quasi immédiatement par Wallace. Wallace qui constitue un énorme point faible du film, interprété par un Jared Leto qui se la joue Jesus voire Dieu. Alors oui, ça pourrait marcher puisque Wallace donne vie aux Replicants et désire comprendre comment ils peuvent se reproduire afin de produire des Replicants à la chaîne. Et à propos d’interprétation, on s’arrête deux minutes sur Ryan Gosling qui, comme d’habitude, joue le mec totalement monolithique. Bah oui, c’est un Replicant, faudrait pas voir à l’oublier et ne pas trop brouiller les lignes. J’ai jamais compris si ce mec était un excellent acteur… ou tellement foireux qu’on ne lui donne que des rôles sans expression juste parce qu’il est joli. Vrai question.

Les hologrammes dans Blade Runner

Un Rick Deckard qui se demande ce qu’il fait là

Mais le point faible majeur du film que nous pourrions appeler le syndrome Harrison Ford, c’est d’aller chercher ce brave monsieur pour lui faire reprendre un rôle. Et généralement le saccager. Pur fan service qui n’apporte pas grand chose au film. Sans parler de la terrible apparition de Rachel. Elle vient juste nous dire que ses sentiments n’étaient fabriqués que par Tyrrell à l’époque justement pour qu’elle tombe amoureuse de Deckard et qu’elle puisse éventuellement tomber enceinte. La présence des deux acteurs du film original est forcée et pas très convaincante. Déjà dans le premier opus, je n’ai pas compris l’émergence des sentiments entre les deux, surtout si on considère que Deckard force Rachel la première fois. Et d’ailleurs, dans ce nouvel opus, je ne ressens aucune affection chez Rick pour Rachel. 

Rick et Rachel dans Blade Runner 2049

Un très bel emballage pour un produit bien trop fini

Bref, j’ai la sensation que Blade Runner 2049 regorge de bonnes idées mais les démonte les unes après les autres tout au long du récit. Et je ne suis pas convaincue par la direction des acteurs. Après, c’est un film de Dennis Villeneuve donc c’est beau et lent. Et je pense qu’il s’en serait bien mieux sorti s’il n’avait pas dû rappeler en permanence le premier film. Mais j’aurais aimé que l’on nous laisse du mystère, de l’interprétation. Deckard était-il un Replicant ? Il semble désormais acquis que non. Non seulement on sait que K n’est pas le fils de Rachel et Rick mais on saura qui est le véritable enfant. Tout est expliqué, aucune part de mystère ou d’interprétation. Ce film, comparé à son opus 1, me paraît révélateur d’un grand virage narratif au cinéma. Avant, on offrait aux spectateurs un après, la possibilité de réfléchir, d’interpréter. Aujourd’hui, c’est prémâché et linéaire. Les réalisateurs ne laissent que peu de place à l’interprétation, réservée à ceux qui considèrent qu’une histoire ne se termine pas au point final. Bref, ça annule la magie du premier Blade Runner. Ne restent que des images sublimes mais assez creuses. 

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