Ad vitam : la dystopie médusée

Quand on ne meurt plus grâce à une thérapie qui nous restaure, que faire de sa vie ? L’immortalité est-elle réellement supportable ?

Ohlala, encore un titre d’article rigolo ! J’adore l’humour. Oui parce que la dystopie du jour repose sur une histoire de méduse, vous allez voir. Après Trepalium, Arte nous propose une nouvelle dystopie : Ad vitam. Et autant, la première m’avait laissé sur un « meeh », ici, nous sommes sur un « hééé ».

Ad vitam une dystopie Arte

La mort n’existe plus

Le pitch : dans un futur non daté, plus personne ne meurt ! Et ça grâce à une thérapie de rajeunissement des corps basée sur l’étude des méduses. On rentre dans un espèce de caisson de flottaison, ça fait des flashes et vous êtes tous restaurés. Mais alors que le monde fête l’anniversaire de la doyenne de l’humanité (169 ans sur la carte d’identité, la trentaine rayonnante en ressenti) à grands coups de guirlandes en méduse, la mort frappe. Sept corps sont retrouvés au petit matin sur la plage. L’enquête est confiée à Darius, vieux flic désabusé et un peu alcoolique qui néglige son traitement jeunesse.

Un déguisement méduse dans Ad Vitam

La non mort, c’est l’ennui

On retrouve donc le questionnement sur l’immortalité qui est au coeur d’Altered Carbon, par exemple. Ici l’immortalité provoque une sorte de langueur et d’ennui. On est dans une fiction française, après tout ! Mais on découvre également que par le passé, il y a aussi eu des suicides de masse. Dont un dont a réchappé Crista qui va donc être sortie de son hôpital psy pour l’enquête. Car on soupçonne le retour des suicides. 

Crista et Darius dans Ad vitam

Le futur est néon

Il y a des choses intéressantes dans Ad Vitam. Immortalité, manipulations génétiques. Une certaine esthétique, la volonté d’ancrer le récit dans un certain futur avec quelques objets un peu bricolés. Très bling-bling, par contre. Je me demande souvent pourquoi on imagine souvent le futur aussi néons et fluo. Je croyais qu’on avait arrêté ça depuis le Gotham de Joël Schumacher. Cependant, la sobriété gagne du terrain, les décors se font épurés, tel un retour à l’essentiel.

La capitale dans Ad Vitam

Toujours trop de sujets à aborder

Après, il y a toujours ce côté foutraque des dystopies où on veut aborder tant de choses que beaucoup de sujets ne sont évoqués que brièvement. Le refus de Christa de prendre le traitement, le risque d’aller trop loin dans le désir d’immortalité. La vieillesse de Darius aussi, flic depuis bien trop longtemps, le désir de grossesse de sa compagne. Et le mal-être global. Ad vitam donne parfois la sensation d’un patchwork un peu mal dégrossi. Certaines scènes semblent presque sortir d’un autre film. Et cette esthétique glaciale, si commune aux dystopies à la française, comme Osmosis, avec un peu de néon pour faire pop. 

Bref, Ad vitam n’est pas parfait, empesé par un acteur star, Yvan Attal, à qui on taille trop la part du lion. On en reparlera de ça, tiens, plutôt que Raconte-moi des histoires. Mais ses défauts ne m’ont pas paru rédhibitoires et je trouve le sujet de l’humain augmenté toujours intéressante. C’est dispo sur Netflix, c’est 6 épisodes et y aura pas de suites. Donc si vous avez du temps…

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