Dark Angel, une dystopie génétiquement modifiée

Au début des années 2000, le péril, c’étaient les manipulations génétiques. C’est dans ce contexte qu’est né la série Dark Angel. Nostalgie

Et mais ce serait pas bientôt Noël ? Alors je vous propose un petit article “madeleine” qui sera consacré à une série que j’aimais bien à la grande époque de la trilogie du samedi soir. J’ai nommé Dark Angel ! Une série qui a révélé la très belle Jessica Alba et dans laquelle on croisait Michael Weatherly dans un rôle sympa et Jensen Ackles pré Supernatural. Mais au-delà de toutes ces jolies personnes, plongeons dans un univers post-effondrement plein de manipulations génétiques. 

Dark Angel avec Jessica Alba

Dans des Etats-Unis devenus pauvres

Alors pour ceux qui seraient trop jeunes pour avoir connu Dark Angel, série qui n’a peut-être pas été tant rediffusée que ça, voici l’histoire. Nous sommes dans le futur apocalyptique de 2019…  Oui, le futur apocalyptique vieillit mal, souvent. Bref. Les États-Unis sont devenus un pays du tiers-monde suite à une impulsion électromagnétique qui a détruit l’ensemble des systèmes informatiques. Impulsion due à une attaque terroriste à base d’explosion nucléaire. À Seattle, la jeune Max est coursière à vélo le jour et cambrioleuse la nuit. Son but : retrouver les enfants avec qui elle a grandi, des enfants génétiquement modifiés pour devenir des soldats surpuissants ! 

Le cast de Dark Angel

Une cambrioleuse et un lanceur d’alerte

Max doit donc cacher son identité de surhumaine et de cambrioleuse. D’autant que les gens du labo de son enfance continuent de la chercher. Elle va rencontrer dans son périple Logan, un cyber journaliste qui pirate les télés pour diffuser des messages dénonçant le pouvoir corrompu en place. Un lanceur d’alerte, voici un de mes archétypes préférés de dystopie. Les deux personnages vont s’entraider jusqu’à tomber amoureux même si leur histoire pourrait se révéler mortelle pour l’un d’entre eux…

Max et Logan dans Dark Angel

Quand on avait peur du clonage et de la manipulation génétique

Alors je vais d’abord passer sur l’aspect “mutant” car je ne l’ai pas beaucoup détaillé dans ce blog jusqu’ici. Voire pas du tout. Vers la fin des années 90, surtout à la fin, on a eu tout le débat sur les clones et la génétique, les progrès de la science sur le sujet faisant craindre le meilleur comme le pire. Finalement, on n’a jamais dépassé le stade mouton avec une réussite plus que discutable. Mais Dark Angel apparaît peu après l’énorme carton de X-Files et de ses mille et uns complots ou encore du Caméléon avec des enfants extraordinaires nés en laboratoire. La série sort en 2000, tout comme le premier film X-men, Spiderman doit être en cours de tournage puisque dans le trailer original, notre homme-araignée préféré piégeait un hélicoptère entre les deux tours jumelles. Quand Dark Angel sort, l’avenir sombre est dans la mutation génétique. Aujourd’hui, les dystopies voient plus modestes et en guise de mutation génétique, on a du transhumanisme où des gens se greffent des diodes sous la peau ou quelques puces peu utiles, in fine. J’aime toujours constater que le futur, c’était mieux avant

Jessica Alba dans Dark Angem
Dans le futur, on s’en fout de la sécurité routière, apparemment

Un mutant tel un bien de consommation

Mais cette histoire de mutant n’est finalement que peu importante. C’est plus la toile de fond d’une histoire nous interrogeant sur les dérives de la science. Le fantasme du super soldat qu’on a pu croiser dans X-Files, notamment, et qu’on nous ressert régulièrement. Max et ses compagnons peuvent faire des bonds de plusieurs mètres sans élan, par exemple. Des tas de talents que Max exploitera pour réussir ses casses. Telle un produit de consommation, elle dispose d’un code-barre sur la nuque, code-barre sur lequel se focalise la caméra à la fin du générique, alors que Max contemple Seattle du haut du Space Needle. Sans grande subtilité, la série nous rappelle que Max n’est pas un individu mais une évolution technologique qui aurait dû servir l’armée de son pays. 

Le code barre de Dark Angel

Pays sous-développé mais très avancé technologiquement quand même…

Cette série est très contradictoire dans l’avenir qu’elle nous dépeint. Les États-Unis croupissent dans la pauvreté, en témoignent les centaines de carcasses de voiture, les immeubles délabrés et l’aspect cradingue de la ville. Et d’un autre côté, on va avoir des avancées technologiques folles comme des drones… Alors, oui, aujourd’hui, des drones qui patrouillent dans les rues, ça n’a rien de fifou dans les dystopie, on en a dans Better than us, Detroit : become human. Je suis actuellement en train de regarder une série brésilienne autour de ça, également, j’en reparlerai quand j’aurai fini. Mais en 2000, ce n’était pas si répandu que ça. Par ailleurs, Logan, qui devient paraplégique, va bénéficier d’un exosquelette lui permettant de marcher à nouveau. Logan qui possède un matériel informatique de ouf lui permettant de pirater la télé pour diffuser son message. Des messages pirate et anonymes qui ne sont pas sans rappeler les anonymous une bonne décennie plus tard. Et dans le monde dystopique, les V for Vendetta ou Mister Robot. 

Logan dans Dark Angel

Une série très ancrée dans son temps

Dark Angel souffre de pas mal de défauts narratifs et, ne l’ayant pas revu depuis des années, je ne suis pas sûre de le conseiller. Les acteurs et actrices étaient très beaux, l’univers dépeint était intéressant. J’aimais particulièrement la figure du Veilleur. Cependant, je ne suis pas certaine que la thématique des enfants génétiquement modifiés pour devenir de super soldats ait particulièrement bien vieillie. Finalement, si Dark Angel était tournée Aujourd’hui, Max serait un androïde. Pas tout à fait humaine mais prête à tout pour conquérir une certaine liberté même si ce qu’elle est l’empêche de facto d’avoir une vie normale. Mais il n’en reste pas moins un intérêt. Cette série décrit un futur cauchemardesque où la classe populaire prend des jobs de type coursiers à vélo pour survivre comme ils peuvent. Ça me rappelle vaguement quelque chose. Un peu notre présent, finalement. 

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