Community, la paix sera technologique

Dans les fausses utopies, la paix naît d’innovations technologiques. Dans Community, elle surgit grâce à un nouveau mode de communication

Je suis un peu une pigeonne culturelle. Il suffit qu’un roman ou une série soit siglé du terme “Dsytopie” pour que je fonce. Mais eh, faut bien que je nourrisse mon blog ! Donc quand je suis tombée sur le roman Community, j’ai craqué direct. Si on mêle technologie et fausse utopie, je signe. C’est comme ça. Est-ce que j’ai été séduite ? Eeeeeh…

Community de Luna Joice

La paix grâce à la technologie

Alors Community, qu’est-ce que ça raconte ? C’est l’histoire de sept étudiants à la fac un peu paumés qui… ah non, pardon, c’est une série du même nom qui n’a rien à voir. Ici, Community, c’est l’histoire d’une technologie qui bouleverse tout. Il s’agit d’un nouveau moyen de communication neuronal révolutionnaire. Grâce à lui, chaque habitant sur terre peut communiquer par télépathie à une ou plusieurs autres personnes. A partir du moment où l’on ouvre ses pensées aux autres, la paix et la sérénité s’installent peu à peu.

Community, un réseau neuronal

Des champignons et une météorite

Le roman nous raconte l’histoire de Lyah, une jeune femme du XXXIe siècle. On la découvre à quelques jours de son assignation. On découvre son quotidien de jeune femme. Elle va à l’école pour étudier, se rend aux parcelles pour cultiver des champignons car elle se rêve cultivatrice. Cependant, Lyah a un appétit de connaissances infini. Elle passe énormément de temps à télécharger des bases de données pour les parcourir et se cultiver. Elle a notamment une passion sans borne pour l’espace. Sa vie est d’ailleurs bouleversée le jour où elle assiste à la chute d’une petite météorite dans sa parcelle.

Météorite

Au coeur du pouvoir

Malheureusement pour elle, le jour de l’assignation, si elle se retrouve bien liée à son amie d’enfance Zach, elle découvre avec horreur qu’elle sera chercheuse et non cultivatrice. Elle va donc pénétrer au coeur du pouvoir mais ce qu’elle va découvrir ne lui plaît pas et elle va décider de changer les choses comme elle le peut.

Centre de commandement

Comme un goût de déjà-vu

Alors si vous avez un goût pour les dystopies, ce petit pitch va vous évoquer à minima deux oeuvres : Un bonheur insoutenable et Le passeur. Car cette société extrêmement pacifiée implique un manque total de contacts physiques, les “couples” élevant un enfant créé par insémination artificielle. Il n’y a plus ni passion, ni élan. Quelques originalités cependant : tout passant par télépathie, les humains ont perdu non seulement de l’audition mais également n’utilisent plus leur voix. Quelques innovations technologiques à souligner également : une sorte de super hoverboard pour se déplacer avec des chaussures aimantées, le coeur de la société situé dans les profondeurs de la Terre, des transports ultra rapides, des aides aux rêves, des nanorobots qui lavent, des bulles de sommeil en guise de lit. Les individus ont des sortes de Google glasses en mieux et tout le monde en uniforme, seules les épaulettes indiquent l’appartenance de l’individu à une communauté.

Qui se souvient des Google glasses
Vous vous souvenez des Google glasses ?

Quelques bonnes idées

L’univers de ce roman est plutôt bien construit et j’ai bien aimé les innovations technologiques. Après, effectivement, ces communautés pacifiées où chaque individus est l’élément d’un grand tout, c’est pas bien original mais un manque d’originalité n’est pas un défaut en soi. Le roman peut être surprenant à quelques instants et la dictature douce impliquée par les chercheurs qui modifient la mémoire des citoyens pour leur bien est un élément intéressant. Vraiment, ce roman fourmille de bonnes idées et l’univers est bien travaillé, mais…

Brain Washing

Mais un manque d’enjeux

Mais y a zéro enjeux. J’ai pas mordu à l’hameçon. L’histoire, c’est littéralement “y a une fille qui fait la gueule parce qu’elle voulait cultiver des champignons, elle aime pas son boss et elle a décidé qu’il était le grand méchant”. A peu près. Parce que techniquement, quel est le problème avec la technologie Community ? C’est qu’une poignée d’humains décide pour le bien de tous. Sur quoi s’attarde le roman ? Sur l’attirance qu’a Lyah pour un homme. Même si la scène où ils s’effleurent la main est d’un érotisme subtil certain. Un bon gros point positif pour une obsédée de l’étincelle amoureuse comme moi. A défaut de grand ennemi, on a un chef certes antipathique mais qui n’a pour seul tort de ne pas dévier de la ligne qui a été fixée à son assignation. Et du coup, la résolution est… ben, on s’en fiche un peu. Les secrets que découvrent Lyah ne sont pas si graves et son obsession pour l’espace afin de sauver l’humanité n’est jamais vraiment justifié. 

La Terre vue de l'espace

Ni bon ni mauvais

Est-ce que Community est un mauvais roman ? Non, c’est plutôt un roman qui ne m’a pas touchée parce que je n’ai jamais senti que l’héroïne pouvait être en danger et qu’elle avait raison d’agir comme elle le faisait. Ni tort, dans l’absolu. Disons que dans un univers similaire, j’ai trouvé The giver plus touchant. Et Un Bonheur insoutenable, qui n’offre aucun répit en lecteur avec ses multiples rebondissements, plus haletant.

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