Zerostérone

Zérostérone : dans un monde sans hommes

Une dystopie où les hommes ont tous disparu mais où il faut continuer à perpétuer l’espèce ? C’est Zérostérone et c’est made in France !

Moi, aimer les dystopies matriarcales ? Je vous jure votre honneur, c’est un hasard… En réalité, évidemment que j’aime bien. Mais je ne les cherche pas, il se trouve juste que le genre semble se développer petit à petit. Entre les héroïnes badass qui donnent des coups de pied dans la fourmilière et l’asservissement des hommes qui l’ont sans doute un peu mérité, l’avenir sera-t-il féminin ? Sans doute, sera-t-il rose pour autant, ça reste à discuter. Car on parle dystopie et cette fois-ci, on parle d’une série française où tous les hommes ont disparu : Zérostérone.

Quand les hommes ne sont plus

Commençons par l’histoire. Au XXe, suite à une guerre chimique, les hommes ont disparu. Tous. La société s’est donc réorganisée autour des femmes avec, en point de mire, la question de la reproduction. Chaque femme doit tenter une insémination à une date donnée pour exploiter ce qu’il reste dans les banques de sperme et perpétuer l’espèce. L’aventure commence le jour de l’insémination de Lucie, qui n’a aucune envie d’être fécondée mais qui n’a pas le choix. Cependant, alors qu’elle est en route avec sa soeur Charlie, elles se font prendre en otage par Gabrielle. Décrite comme une terroriste voulant s’en prendre aux réserves de sperme, elle est en fait à la recherche du dernier homme. Et on découvre qu’elle connaît de terribles secrets sur l’envers du décor de cette société…

Zérostérone avec Eleonore Costes, Marion Seclin, Sandy Lobry
Ceci n’est pas un homme mais un robot

Une histoire partie d’un simple « et si »

Bon, voilà en gros pour le pitch. Cette websérie produite par France tv slash réunit un casting familier à tous les spectateurs assidus de Youtube. Marion Seclin dans le rôle de Gabrielle, Eléonore Costes dans celui de Lucie et Sandy Lobry dans celui de Charlie. Alors il y a quelques private jokes, notamment le topo de Lulu, référence aux topos de Lolo d’Eléonore Costes. La série est courte est cadencée, navigant entre humour pour glisser peu à peu dans une ambiance plus sombre sur la fin. Née de la volonté des trois actrices et de Nadja Anane, la réalisatrice, de travailler ensemble, Zérostérone est typiquement le genre d’histoire commençant par un simple “et si”. Et si les hommes n’existaient plus, par exemple. Plus radical que Chroniques du pays des mères sur le sujet, il reste la question centrale de la perpétuation de l’espèce. On est dans une pure dystopie “la fin justifie les moyens”. Certains embarquent, notamment Charlie qui se réjouit de la potentielle fécondation de sa soeur. Lucie, elle, est désabusée face à la propagande étatique qui finira par tomber amoureuse d’une résistante. Ah oui, évidemment, les hommes n’existant plus, les relations amoureuses sont homosexuelles !

Zérostérone, affiche de la websérie

Une dystopie assez classique

Le fond est intéressant et suit assez bien la shopping list des dystopies. Un pouvoir très contrôlant sous un joli sourire, un manque de liberté au nom d’une quelconque cause. Ici, la survie de la race humaine. On a une mise en place tout à fait crédible du comment on en est arrivés là. Fait assez notable : contrairement à Osmosis, ou Ad Vitam dont j’ai pas encore parlé, Zérostérone propose quelques évolutions technologiques. On n’est pas dans un univers aussi futuriste qu’un Altered Carbon, certes. Mais alors que l’action est censée se dérouler un siècle après nous, y a deux ou trois trucs qui ont évolué. Pas juste l’élément qui permet de basculer dans la dystopie. Un point particulier à “hommeland”, le musée dédié à l’homme, un espèce de Jurassic Park kitsch et assez drôle.

Un robot d'Hommeland dans Zérostérone

Un rythme effréné

Bref, Zérostérone n’est pas exempt de quelques défauts. Le jeu dérape un peu mais quand on est habitués aux fictions Youtube, je ne trouve pas ça si choquant. Non pas qu’elles ne soient pas de qualité, c’est juste que la mise en scène est un peu différente des productions audiovisuelles…  Dans les productions Youtube, on crie alors que dans les productions audiovisuelles classiques, les personnages marmonnent plus. La spectactrice à l’audition alternative que je suis a donc naturellement plus de sympathie pour le second que pour le premier. La brièveté des épisodes laisse un peu sur la faim. L’intrigue cavale parfois un peu trop vite et on a à peine le temps de comprendre une situation qu’on a basculé. Reste que je ne peux que me réjouir de ces fictions un peu hors cadre qui émergent et proposent des histoires moins convenues. Les auteures peuvent laisser un peu plus cours à leur imagination et leurs petits délires. 

Et je suis très curieuse de voir où va nous amener la saison 2 !

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