Nu : la dystopie non textile

Qui a dit que les dystopies devaient toujours être sombres ? Découvrez Nu, la série où la loi impose à tous de vivre nus…

Parfois, on tombe sur des pépites. En plein télétravail pour cause de grève, je fouille mon catalogue OCS. Oui, j’étais en plein bore-out et je venais de terminer Euphoria. Et je tombe par hasard sur une série française “Nu”. Oh, une dystopie ! Une dystopie humoristique. Et j’avais un bon souvenir de la dernière série française produite par OCS que j’avais vue donc c’est parti, on va regarder ça. Parce qu’au-delà de toute cette peau exposée, il y a un propos assez intéressant.

Nu, OCS

Une France où tout le monde vit nu

Je vous raconte l’histoire : Frank Fish, policier se réveille à l’hôpital après un coma de 8 ans. Il découvre qu’une loi est passée pendant ce temps. Désormais, au nom de la transparence, tous les Français doivent vivre nus. Alors que Frank galère à se faire à ce nouveau monde où chacun se dévoile sans retenue, le fondateur de la loi Nudité est assassiné. Pire son corps est découvert habillé ! Frank et sa partenaire Lucie partent donc enquêter pour découvrir ce qui a pu se passer. Ils vont découvrir un groupuscule résistant qui continue de s’habiller malgré tout.

Frank Fish, le héros de Nu
La femme porte une blouse (transparente) car elle est infirmière

Un peu de burlesque au pays de la dystopie

Alors on va évacuer quelques points : le côté nudité peut amener quelques scènes assez drôles, un côté burlesque. La série traite la nudité de façon parfois trop inversée par rapport aux vêtements. Maintenant, les clubs “libertins” réunissent des gens habillés, par exemple. Il y a un petit manque de nuance là-dessus et la nudité semble plus prétexte à bonne blague qu’à réelle réflexion. Après, le jeu est parfois inégal, le manque de moyens financiers est un peu géré comme on peut. L’écriture des personnages manque parfois un peu de finesse, surtout Frank qui est… bah clairement, c’est un connard au départ même s’il s’adoucit au fur et à mesure des épisodes.

Nu, la dystopie burlesque
Ah oui, il y a énormément de nu frontal, il n’y a pas de triche

Mais peu importe la série, en fait. Je suis beaucoup plus intéressée par le synopsis qui contient de bons ingrédients pour une dystopie. Bon, on est jetés un peu brutalement dans cet univers avec une ouverture à la 28 jours plus tard. Oui, 28 jours plus tard, c’est antérieur à the Walking Dead. Frank est un peu notre lapin dans cet univers que les protagonistes lui expliquent au fur et à mesure des questions qu’il se pose. De prime abord réticent à se dénuder et se dévoiler, il deviendra l’un des plus fervents citoyens. A l’inverse de Lucie qui, au fur et à mesure de son enquête, va nous révéler les vices de cette nouvelle tyrannie finalement.

Lucie se rhabille dans Nu

Un cas classique de fausse utopie

Car Nu est une pure fausse utopie. Nous découvrons une société soulagée d’être libérée de ses secrets et beaucoup plus tolérante face à la diversité des corps. Gros point positif de la série, d’ailleurs même si les femmes jeunes restent minces. Mais tout n’est pas si rose. D’abord par manque de liberté puisque la nudité est obligatoire. On a un peu une inversion des normes assez facile… même si dans notre société textile actuelle, on peut tout à fait se balader à poil dans certaines régions. Mais surtout la transparence de Nu s’accompagne de View, une application où tous les citoyens partagent leurs données… Finalement, on suit le schéma classique d’une fausse utopie : bonheur, doute, résistance, sombres secrets pour manipuler les citoyens. A la grosse nuance près que dans les fausses utopies, ça se passe généralement sur des temps longs comme dans Un bonheur insoutenable. Mais c’est une série française et nous sommes un peuple de révolutionnaires… paraît-il.

Rire d’une dystopie, ça arrive

Bref, une série courte qui se déguste avec plaisir. Pas nécessairement un immanquable mais ça change de ce qu’on a l’habitude de voir… Et je trouve les acteurs meilleurs que dans les productions françaises de Netflix.

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