Demolition Man : l’homme viril au pays des Bisounours

Quand une société pacifiée se retrouve face à un tueur psychopathe et ultra-violent venu du passé, qui appelle-t-elle ? Stallone aka Demolition Man ! Un bon petit film des 90s

Je crois que mon genre dystopique préféré, ce sont vraiment les contre-utopies ou fausses utopies. Je ne suis pas sûre du terme canon donc je mets les deux. L’un des exercices que tous les gens aiment faire, c’est imaginer leur société parfaite. Enfant, déjà, on fait ça. Plus de bonbons, moins de devoirs, ouais ! Mais le monde parfait recèle souvent en son sein son propre poison. Dans les sociétés de divertissement, c’est la vanité de l’homme et le déterminisme de la société. Dans les sociétés trop policées comme dans Un bonheur insoutenable, c’est le manque de passion. Ingrédient que l’on va retrouver sans la contre-utopie qui nous intéresse aujourd’hui : Demolition Man.

Demolition Man : Silverster Stallone et Wesley Snipes

Un joyeux film d’action

Qui a dit que les dystopies étaient forcément sombres ? C’est vrai qu’en général, c’est pas la joie et regarder ou lire ce genre d’oeuvre ne nous garantit pas de bonnes tranches de rire. A l’exception notable de Idiocracy, film drôle mais OVNI cinématographique. Et pourtant… il peut y avoir un potentiel comique comme dans Demolition Man. Certains placeront volontiers ce film côté nanard, je n’en ferai pas partie. On est loin du chef d’oeuvre mais franchement… ce film est bourré de bonnes idées et son visionnage permet de passer un bon moment.

Demolition Man : Silvester Stallone et Sandra Bullock

Crimes et cryogénisation

Mais de quoi ça parle, Demolition Man ? A la fin des années 90, un flic aux méthodes expéditives, John, est à la poursuite d’un méchant psychopathe, Simon Phoenix. A la fin d’une scène d’intro bourrée d’adrénaline digne de n’importe quel film avec Stallone des 90s, il y a une explosion. Sauf que, pas de chance, le méchant avait pris trente personnes en otage et tout le monde est mort. La justice condamne donc Phoenix et John (jugé responsable de l’explosion) à la cryogénisation. Pendant 70 ans, il va être retenu dans une sorte de cellule, subissant un lavage de cerveau. Phoenix subit la même peine.

Stallone cryogénisé

Un futur pacifié

36 ans plus tard… Phoenix est sorti du frigo et parvient à s’échapper. La police est dépassée par un tel criminel car la société est devenue non violente et plus personne n’a commis de meurtre depuis 22 ans. Alors la police décide de jouer sa seule carte : décongeler Spartan. Nous allons donc découvrir cette société pacifiée à travers les yeux d’un Stallone toujours sévèrement burné. Notre héros viril patauge dans une société où le moindre gros mot est passible d’amende et où le sexe n’est plus que virtuel. Il va faire équipe avec Lenina, jeune et jolie fliquette un peu nostalgique de cette société d’antan… grossière et violente. Mmm…

Silvester Stallone et Sandra Bullock dans Demolition Man

Découverte d’un nouveau monde

Nous avons ici affaire à un procédé somme toute classique du récit : intégrer un personnage en prise avec une société qu’il ne connaît absolument pas. C’est le cas par exemple dans Le Meilleur des mondes avec un personnage central qui a grandi hors de la civilisation. C’est un procédé parfois un peu grossier et qui permet, ici, un effet comique assez facile mais ça marche. Les évolutions sociétales nous sont présentées les unes après les autres, au fur et à mesure où John les découvre. Evidemment, cela peut paraître un peu forcé de le mettre en équipe avec la seule meuf au monde nostalgique d’un monde plein de meurtres et de violence. Mais ce film est avant tout une parodie des rôles sévèrement burnés de Stallone qui, au moment de la sortie de ce film, était au creux de la vague et voulait montrer qu’il n’était pas qu’un tas de muscles.

Demolition Man : Stallone vs Snipes

Délires de scénaristes

En réalité, Demolition Man est un film assez foutraque où les scénaristes semblent s’éclater à imaginer une société du futur monstrueuse. Les petits jingles publicitaires d’aujourd’hui sont les tubes de demain. Comme si dans 35 ans, Nostalgie diffusait le remix électro de carglass répare… Le film est émaillé de clins d’oeil genre tous les restaurants sont des Taco Bells… Plus qu’une société futuriste, on nous invente un monde hyper référencé pour nous, spectateurs, histoire de nous faire rire. Procédé déjà présent dans Idiocracy où la boisson gazeuse bourrée de sucre a remplacé l’eau, y compris dans l’irrigation des champs.

Taco Bell version Demolition Man

La bienveillance et la non-violence, des dangers pour nous ?

Et que dire de l’ultra lissage de la société ? Les dystopies aiment nous prévenir du danger de ces sociétés trop proprettes, un peu mortes à l’intérieur. Lenina est toute excitée à l’idée de dire des gros mots et si elle est dégoûtée à l’idée d’échanger ses fluides avec John, finalement à la fin… à dire vrai, il est un peu difficile d’extraire un vrai message de ce film. Est-ce qu’il nous prévient de ne pas s’affaiblir car un super vilain psychopathe peut revenir du passé ? Que la non-violence et l’ultra bienveillance, c’est quand même un peu nul ? Ou juste “regardez, c’est rigolo, on a pris un des acteurs les plus testostéronés de la décennie pour le jeter dans un univers mièvre”. Ah oui, ça doit être ça. C’est pas comme si on était en pleine période de “Schwarzenegger et Stallone décident de se moquer d’eux-mêmes dans un nouveau film hilarant”. Genre Un flic à la maternelle, Last Action Heros, la course aux jouets, Arrête ou ma mère va tirer… Demolition Man.

Scène de sexe dans Demolition Man

Petite madeleine

Bref, un film qui ne révolutionne pas le genre et ne sera sans doute jamais un classique de la dystopie… mais une douce madeleine pour les nostalgiques des 90s avec Stallone mais aussi Wesley Snipes et la douce et jeune Sandra Bullock. Oui parce que même dans les sociétés ultra policées des années 2030, les femmes vingtenaires craquent toujours sur les quadra ++.  Et puis en période de paranoïa sur le PQ, on savourera particulièrement la vanne des trois coquillages.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *