Altered Carbon, une dystopie immortelle

Dans un futur à base de villes tentaculaires et voitures volantes, la mort n’existe plus. Un militaire est ramené à la vie pour enquêter

N’étant pas toujours d’accord avec les engouements des réseaux sociaux pour certaines séries (Dark), nous nous sommes lancés avec Victor dans le visionnage de Altered Carbon. Et ce avec prudence et… oh mon Dieu, j’ai adoré, adoré, adoré. Une dystopie à base de ville gigantesque, voitures volantes et questionnements sur la nature humaine, je dis mille fois oui.

Altered Carbon

De l’immortalité des âmes

Pourtant, ça démarrait mal. On débute direct sur une scène de cul. Je ne pense que rarement du bien des séries qui commencent comme ça, ça pue normalement le truc moisi donc on te met de la fesse pour compenser. Mais là, si on a quelques scènes olé olé qui ne sont pas toujours des plus utiles, ça va. Dès le premier épisode, on nous balance très rapidement cet univers qu’on va suivre à travers le regard de Takeshi Kovacs, un “diplo” dont la pile a été conservée pendant 250 ans et qui se retrouve dans un nouveau corps. Parce que oui, la mort est un concept périmé. Chaque individu bénéficie d’une pile implantée à la base du cou qui stoque les souvenirs. En cas de décès de l’enveloppe, on transvae la pile, l’âme quoi, dans une nouvelle. Les plus riches se font donc construire des corps en avance. Les plus fortunés se font appeler les “Maths” comme Mathusalem car ils vivent depuis plus de deux siècles pour certains. Dans cet univers où la mort n’est plus et où on ne peut savoir avec certitude qui est dans une enveloppe, Kovacs est donc rappelé à la vie pour enquêter sur l’assassinat d’un Math. Qui n’est pas mort car sa pile n’était pas endommagé mais sa sauvegarde trop datée pour savoir qui l’a tué.

The head in the cloud dans The altered carbon
Ca, ce fut mon clou du spectacle à moi, cette espèce de station orbitale, là…

Les riches vivent pour toujours

Dis comme ça, ça évoque directement “Time out”, une dystopie qui avait pour seule qualité Justin Timberlake. Ce film où un jour, les humains se réveillent avec un timer sur le bras qui se déclenche le jour de leurs 25 ans. Ils arrêtent de vieillir et si le timer arrive à zéro, ils meurent. Dans ce film, il y avait les riches aussi qui avaient tous l’air très jeunes alors qu’ils avaient des siècles. On retrouve d’ailleurs ce brouillage entre les générations quand la fille d’une Math emprunte le corps de sa mère pour une soirée…

Joel Kinnaman dans Altered Carbon

Puisque la mort n’existe plus…

Ok mais une société qui n’a plus l’échéance de la mort, ça donne quoi ? Peu ou prou du grand n’importe quoi. L’idée principale est que les Maths ont tous les droits. Par exemple, lors d’une soirée, il y a un spectacle de combat à mort. Le perdant (celui qui meurt) aura droit à une nouvelle enveloppe. Les crimes semblent donc peu graves. Les gens peuvent être inculpés de “meurtre d’enveloppe” et tout ce qui est exécution consiste à détruire la pile. On se retrouve dans le cas également du témoignage ou non des morts dans les enquêtes sur les crimes les concernant. Sans la mortalité, il n’y a finalement plus vraiment de règles. Kovacs est embauché par celui qui a été assassiné, les Maths et leurs enveloppes de rechange s’affirment régulièrement au-dessus des lois. Il y a aussi tout un questionnement sur la virtualité et les IA. Le coeur de l’individu, c’est sa pile et non son enveloppe.

Laurens et Miriam Bancroft dans Altered Carbon

Des femmes badass

Autre point que j’ai bien aimé dans la série : les femmes. Elles sont assez badass. Quell, la mentore de Kovacs qui en plus d’être la reine des arts martiaux est la femme qui révolutionna le monde. Kristin, la fliquette déterminée, un peu increvable et parfois un peu chiante, Reileen ou encore Lizzie… Elles se battent et pas qu’un peu. Elles n’ont pas tant besoin de Kovacs pour s’en sortir. C’est même lui qui se fait sauver le cul par les femmes à quelques occasions. Bien sûr, on reste dans le schéma classique du love interest. Kovacs va multiplier les liaisons, pas le point le plus passionnant de l’histoire malgré la perfection des fesses de Joel Kinnaman. Mais ces femmes ont de la substance, elles n’ont pas besoin d’homme pour survivre. Et ça, ça fait du bien.

Quell au combat dans Altered Carbon

Donc oui, regardez Altered Carbon… Et moi, je vais me rajouter le roman sur ma pile à lire car il paraît qu’il est bien plus profond que la série.

Vous croyez que je peux me faire payer pour lire des livres ? Parce que j’ai tant à lire et pas tant de temps à y consacrer… Ma vie est dure.

7 thoughts on “Altered Carbon, une dystopie immortelle

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