Air de Bertil Scali et Raphael de Andreis

Air : quand la France sera une dictature verte

Air promettait un récit de dictature verte en France. Chic, un sujet qui me passionne. Sauf qu’en vrai, c’est juste une histoire de crise de la cinquantaine

Mon grand truc dans la vie : lire des romans qui semblent entrer en résonance avec des sujets qui m’inspirent. Et la dictature verte, ça m’inspire. Enfin, non, ça m’interroge. Je ne suis jamais partisane de la force, même pour un noble combat. Du coup, quand j’ai croisé la route de Air de Bertil Scali et Raphaël de Andreis, je n’ai pas pu résister !

Air de Bertil Scali et Raphaël de Andreis

Quand la dictature s’installe

L’histoire : alors que la France souffre d’une incroyable canicule qui n’en finit plus, les citoyens choisissent de voter pour le parti de la Décroissance. La nouvelle Présidente choisit un ancien militaire comme premier Ministre et les deux modifient la loi de façon drastique pour forcer les Français à passer au vert. On suit l’histoire de Samuel qui doit fuir avec sa famille. Cadre dans une société qui vend des pneus, il est recherché car gros pollueur. Il fuit donc dans l’Aubrac où sa femme a une maison de famille. Aubrac qui constitue une poche de résistance face à la dictature verte.

L'aubrac

Petit drame bourgeois

J’avais de fortes attentes sur cette dystopie. Air me promettait une fuite, un dirigeable, même… Sauf qu’il s’agit plus d’un espèce de drame bourgeois où un quinqua en pleine crise décide de tout plaquer en imposant son choix à sa famille. Famille que je trouve particulièrement docile, notamment la femme qu’il arrache littéralement des bras de son amant et sa fille pourtant très pro – parti de la décroissance mais qui semble oublier son engagement – et ses amis – en un clin d’oeil.

Dirigeable et éoliennes

Une vie à la campagne

Bref, Air nous raconte une vie de campagne, Sylvia, la femme de Samuel, va bosser dans une bergerie, lui cultive ses terres et des plantes aux vertus thérapeutiques. Il y a un curé délateur, parfois un drone de surveillance qui passe. Mais clairement, ce roman ne parle pas de la dictature verte, juste des atermoiement de Sam. La reconstruction à la campagne peut être un sujet intéressant, cf Ravage. Mais là, on est carrément plus dans Le bonheur est dans le pré, l’humour acide en moins.

Le bonheur est dans le pré

Une Présidente sans nom

A dire vrai, la dictature verte est tellement en toile de fond que la Présidente, avatar français d’Alexandria Ocasio-Cortez, n’a même pas de nom. J’ai lu Air il y a deux ou trois semaines, le nom de celle-ci ne me revenait pas. J’ai donc repris les premiers chapitres : il n’apparaît juste pas. On a parfois quelques apartés nous racontant le fonctionnement e cette nouvelle France verte avec, en guise de happy end, la chute de la dictature tout en gardant le meilleur de ces lois pour un pays plus en harmonie avec l’environnement.

Paris vert

Dystopie, utopie ? Quel est le message ?

Et je ne parviens pas à capter le message du livre. “La dictature, c’est mal, ça fait peur. Mais à l’arrivée, tout le monde est heureux, à deux ou trois morts près”. D’ailleurs, l’un des morts identifiés est décrit comme un parfait connard, prétentieux, lourd et infidèle. J’étais parfois assez mal à l’aise en ne comprenant pas quel était le sous-texte. Si la Présidente et son colonel sont brocardés, c’est leur personne qui semble problématique plus que la dictature en elle-même. D’ailleurs, il suffit qu’ils fuient pour que tout redevienne comme avant, à quelques lois près. Pire, la plupart des gens semblent plus heureux sous cette dictature mais le délateur est dépeint comme le pire des fachos au cul serré. 

Un sujet porteur

Tout ça pour raconter l’histoire d’un quinqua cadre parisien qui pète un câble et part cultiver des plantes dans le sud. La seule leçon que je retiendrai, c’est que cette enrobage prouve que c’est un sujet particulièrement porteur. Et j’ai hâte de découvrir une vraie bonne dystopie sur le sujet. 

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